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18/04/2016 09:36 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Nouvelle offensive des rebelles en Syrie, tension à Genève

Des rebelles syriens ont lancé lundi une nouvelle offensive contre les troupes gouvernementales. Alors que le processus diplomatique s'avère déjà très fragile, certains d'entre eux accusent les Nations unies de parti pris dans les négociations en cours à Genève.

Le Haut Comité des négociations (HCN) de l'opposition syrienne a reporté sa participation aux négociations de paix, estimant que l'accord de « cessation des hostilités » n'était plus d'actualité.

Le coordinateur du HCN a estimé que les pourparlers ne pourraient pas se poursuivre si le gouvernement de Damas et ses alliés ne levaient pas le siège et ne cessaient pas leurs bombardements des zones civiles.

« La poursuite des négociations dans de telles conditions accroîtrait les souffrances de notre peuple », explique le principal regroupement de l'opposition syrienne dans un texte adressé par sa délégation présente à Genève à des groupes de l'opposition armés.

« La décision est d'ajourner et non pas de suspendre ou de nous retirer », précise cependant le HCN dans le document. « C'est une occasion pour chacun d'appliquer la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU et de répondre au sujet central, la formation d'un organe de gouvernement qui n'ait aucun rôle pour [le président syrien Bachar] Al-Assad. »

L'envoyé de l'ONU accusé de partialité 

Parallèlement, plusieurs personnalités de l'opposition qui ont requis l'anonymat ont déclaré que la pression continuait de monter en faveur d'un arrêt des discussions, évoquant l'absence de toute perspective d'un véritable débat sur la transition politique, l'une de ses priorités.

Une lettre adressée aux négociateurs de l'opposition et signée par « les factions armées révolutionnaires » appelle d'ailleurs le HCN « à prendre une position ferme et décisive à l'égard des demi-solutions qui sont colportées par les alliés du régime et de Mistura ».

Plusieurs groupes rebelles lui reprochent d'avoir une attitude favorable au régime syrien. Dans une rencontre avec des membres du HCN, le médiateur a évoqué vendredi l'idée d'un maintien du président Al-Assad en échange de la possibilité pour l'opposition de nommer trois vice-présidents.

« Nous observons avec une grande inquiétude et avec un refus catégorique les initiatives de Mistura, dont certaines montrent une totale partialité en faveur des demandes du régime et de ses alliés », poursuit la lettre.

Pour l'opposition, Bachar Al-Assad doit quitter le pouvoir et ne peut pas faire partie du processus de transition. Le dirigeant syrien exclut l'idée d'un gouvernement de transition et propose d'élargir son gouvernement à certains membres de l'opposition et certaines personnalités indépendantes.

Staffan de Mistura a annoncé de son côté qu'il poursuivrait ses discussions avec toutes les parties impliquées dans les négociations de Genève. Il a précisé qu'il ferait le point vendredi.

« Nul ne peut nier que les combats actuels, notamment à Alep, deviennent particulièrement inquiétants, mais notre analyse est que la trêve tient toujours dans de nombreuses régions », a-t-il ajouté.

Le fossé entre les représentants du régime de Bachar Al-Assad et les délégués de l'opposition est « évidemment large », a reconnu le médiateur des Nations unies. Mais la feuille de route pour parvenir à une nouvelle Constitution et à une transition politique, fixée par la résolution 2254, donne jusqu'au mois d'août . « Il nous reste donc du temps, mais pas beaucoup de temps », a-t-il dit.

Le chef de la délégation gouvernementale syrienne à Genève, Bachar Jaafari, a pour sa part accusé Israël de coopérer avec le groupe armé État islamique et Al-Qaïda sur le plateau du Golan.

Poursuite des hostilités

Les forces rebelles ont lancé lundi une offensive contre les troupes gouvernementales dans la province côtière de Lattaquié et ont repris certaines positions dans la province de Hama, tuant quatre personnes, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Une source militaire syrienne a confirmé que des combats nourris avaient lieu dans ces régions.

De son côté, l'armée a lancé d'importantes frappes aériennes dans la province de Homs, dans le centre du pays.

Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir de nouveau enfreint l'accord de « cessation des hostilités » officiellement en vigueur depuis le 27 février, qui ne s'applique ni à l'organisation du groupe armé État islamique (EI) ni au Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda.