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18/04/2016 06:18 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Nouvelle affaire de prêtre pédophile en France

Un prêtre français inculpé depuis 2012 pour des attouchements sur mineurs n'a été relevé que récemment de ses dernières fonctions, a admis lundi un évêque, nouvelle révélation au sein de l'Eglise de France déjà mise en cause pour sa gestion d'affaires de pédophilie.

Les faits se seraient produits en 1993 à l'occasion d'un camp de jeunesse où officiait ce prêtre en tant qu'aumônier, a indiqué l'évêque d'Orléans (centre), Mgr Jacques Blaquart lors d'une conférence de presse.

Informés de ces agissements, les prédécesseurs de Mgr Blaquart avaient pris "des mesures conservatoires" contre le prêtre, aujourd'hui âgé de 65 ans, pour éviter qu'il soit seul en contact avec des jeunes, mais ils n'avaient pas porté plainte, a-t-il ajouté.

En 2011, Mgr Jacques Blaquart a été contacté par une victime et saisi "immédiatement" la justice, a-t-il expliqué, une mesure ayant conduit à l'inculpation du prêtre l'année suivante.

"L'enquête aurait mis en évidence huit ou neuf cas d'attouchements sur mineurs, sur des victimes âgées d'une douzaine d'années", a ajouté Mgr Blaquart. Selon lui, le prêtre a reconnu les faits et pourrait être jugé l'an prochain.

Or, malgré cette inculpation, l'évêque n'a que récemment supprimé les derniers ministères de ce prêtre. "J'aurais dû le faire plus tôt", a-t-il regretté.

L'Eglise de France est empêtrée depuis plusieurs semaines dans un scandale pédophile qui éclabousse l'une de ses plus influentes figures, le cardinal Philippe Barbarin, ciblé par deux enquêtes pour "non dénonciation" d'agressions sexuelles.

Face aux critiques, la hiérarchie catholique a annoncé la semaine dernière une série de mesures destinées à faire "la lumière" sur les actes de pédophilie dans ses rangs, y compris les plus anciens. Elle a notamment décidé de créer des cellules d'écoute pour les victimes de prêtres pédophiles dans chaque diocèse.

Le diocèse d'Orléans avait créé une telle cellule il y a plus d'un an. Après quatre appels en douze mois, le rythme s'est accéléré, avec 12 appels depuis mars. Quatre contacts concernent des prêtres décédés. Les autres appels concernent d'autres diocèses et les contacts ont été transmis aux évêques concernés.

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