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18/04/2016 07:37 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Méditerranée: un an après le pire naufrage de migrants, le renflouement de l'épave en vue

Les préparatifs sont en cours pour renflouer dans les prochaines semaines l'épave du chalutier de migrants clandestins dont le naufrage avait fait jusqu'à 800 morts en Méditerranée en avril 2015, a annoncé lundi la marine italienne.

L'épave, attendue au port militaire d'Augusta (Sicile), n'arrivera "pas avant la fin du mois", les opérations ayant pris un peu de retard en raison des conditions météo, a précisé un porte-parole de la marine.

Dans la nuit du 18 au 19 avril 2015, ce chalutier surchargé avait sombré au large de la Libye après avoir percuté à trois reprises le cargo portugais envoyé à son secours.

Il n'y avait eu que 28 survivants, qui ont raconté avoir été plus de 800 au départ, ce qui fait de ce naufrage le pire en Méditerranée depuis des décennies.

A la demande du chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, la marine a entrepris d'aller récupérer les victimes pour tenter de les identifier et leur offrir une sépulture digne.

L'épave a été retrouvée à environ 380 mètres de profondeur, à 150 kilomètres au nord des côtes libyennes. La marine a repêché 169 corps sur et autour de l'épave, et repéré des centaines d'autres toujours bloqués à l'intérieur.

Au moment du drame, le chalutier avait coulé en quelques minutes, et les migrants entassés dans la cale n'avaient pas eu le temps d'en sortir.

Des experts médico-légaux issus d'une vingtaine d'universités de toute l'Italie doivent participer à Augusta aux efforts d'identification des corps, dont les données, comme l'empreinte ADN, seront collectées dans un fichier déjà bien fourni, dans l'espoir d'aider leurs proches à retrouver leur trace.

Mais beaucoup risquent de rester anonymes: les trafiquants n'établissent pas de liste des passagers et l'eau a probablement détruit les rares documents emportés par les migrants.

De plus, dans de nombreux pays, les proches redoutent des représailles et ne déclarent pas les disparitions.

Deux des survivants, le Tunisien Mohammed Ali Malek et le Syrien Mahmoud Bikhit, rapidement désignés comme ayant été le capitaine et son second, sont actuellement jugés à Catane (Sicile) pour homicides involontaires, naufrage et aide à l'immigration clandestine, même s'ils ont assuré n'avoir été que des migrants comme les autres.

La prochaine audience, durant laquelle le parquet prendra ses réquisitions, a été fixée au 17 mai.

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