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18/04/2016 08:35 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Libye: le gouvernement d'union prend ses marques, le Parlement vote

Le Parlement libyen devait se réunir lundi pour un vote crucial pour la légitimité du nouveau gouvernement d'union nationale, qui tente d'asseoir son autorité en prenant les rênes de ses premiers ministères à Tripoli.

Ce gouvernement a reçu une nouvelle marque de soutien avec la visite surprise à Tripoli du ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, qui a rencontré le Premier ministre désigné Fayez al-Sarraj quelques jours après une démarche similaire de ses homologues italien, français et allemand.

En soirée, M. Sarraj doit participer à une vidéo-conférence avec les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'Union européenne réunis à Luxembourg.

Cette réunion permettra de "travailler à identifier des projets (de soutien) concrets sur le plan économique, politique ou sécuritaire", a dit la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini alors que plusieurs pays européens envisagent de rouvrir leurs ambassades en Libye, pays miné par des années de violences et de luttes de pouvoir.

Cette intense activité diplomatique des Européens s'est accompagnée par l'annonce dimanche par l'émissaire de l'ONU Martin Kobler du retour de la mission des Nations unies (Manul) en Libye, pays qu'elle avait quitté en 2014 en raisons des violences.

M. Kobler était lundi à Tobrouk dans l'est libyen, où le Parlement devait se réunir pour décider d'accorder ou non sa confiance au gouvernement d'union.

Cet exécutif s'est autoproclamé en fonctions le 12 mars mais sa légitimité n'a pas encore été consacrée par un vote de la chambre qui a échoué jusque-là à organiser un vote de confiance, faute de quorum.

- Transfert de 2 ministères -

Selon le député Mohamed al-Raid, une large majorité des députés étaient présents lundi au siège du Parlement. Les parlementaires tiennent des consultations afin de parvenir à un "consensus" avant le début de la réunion, ont indiqué deux députés.

Issu d'un accord politique signé au Maroc fin 2015, sous l'égide de l'ONU, par certains membres des factions rivales libyennes, le gouvernement d'union s'était autoproclamé sur la base d'un communiqué de soutien d'une centaine de parlementaires (sur 198).

Arrivé le 30 mars à Tripoli par la mer, il a pris ses quartiers dans la base navale de la capitale. Il a rallié le soutien d'acteurs économiques clé comme la compagnie nationale pétrolière et la banque centrale ainsi que celui d'une partie des autorités basées à Tripoli et rivales du gouvernement installé dans l'est du pays.

Mais ce cabinet d'union doit encore assoir son autorité naissante sur la totalité du territoire libyen et surmonter un obstacle majeur, à savoir le refus du gouvernement basé dans l'Est, qui était jusqu'alors reconnu par la communauté internationale, de lui céder le pouvoir avant le vote de confiance.

Le vice-Premier ministre désigné, Ahmed Meitig, a toutefois indiqué que quelle que soit l'issue du vote du Parlement, l'exécutif d'union commencerait à prendre le contrôle de ministères.

Ainsi lundi, Mohamad al-Amari, ministre d'Etat, "a pris le contrôle du siège" du ministère de l'Habitat et des travaux publics ainsi que de celui du ministère des Affaires sociales "en sa qualité de représentant du gouvernement d'union", selon un communiqué officiel.

- Hammond à Tripoli -

Lors d'une visite éclair à Tripoli, le ministre britannique Hammond a apporté le soutien de son pays au gouvernement Sarraj en lui promettant notamment une aide de 10 millions de livres (environ 12,6 millions euros).

M. Hammond a évoqué avec M. Sarraj les priorités du gouvernement d'union dans les domaines de la sécurité, de la relance de l'économie et du rétablissement des services publics.

Il a souligné l'importance que son pays et l'UE accordent à la lutte contre l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) et l'immigration clandestine.

Pour lui, "combattre Daech (un acronyme en arabe de l'EI) et l'immigration clandestine font partie du même combat et c'est au peuple et au gouvernement libyens de décider comment ils veulent reconquérir leur pays de (l'emprise) des envahisseurs de Daech".

Les Occidentaux espèrent que l'entrée en fonctions du gouvernement d'union permettra à la Libye de regagner un semblant de stabilité et sera à même de lutter contre l'EI qui est monté en puissance dans ce pays à la faveur du chaos.

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