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18/04/2016 07:43 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Le vice-chancelier allemand déplore les "violations des droits de l'Homme" en Egypte

"La hausse des violations des droits de l'Homme" en Egypte porte atteinte au "développement économique" de ce pays, a estimé lundi au Caire le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, à la tête d'une délégation d'hommes d'affaires qui ont signé plusieurs contrats.

"Les informations concernant la hausse des violations des droits de l'Homme, des cas comme celui du citoyen italien, nous inquiètent et portent atteinte à l'image de l'Egypte pour son développement économique", a regretté lundi M. Gabriel devant la presse.

L'étudiant italien Giulio Regeni avait été enlevé dans la capitale égyptienne le 25 janvier et retrouvé mort neuf jours plus tard dans un fossé, le corps portant les stigmates d'épouvantables tortures. La presse italienne et des diplomates assurent qu'il a été tué par des membres de services de sécurité, ce que l'Egypte nie avec véhémence.

Car depuis que M. Sissi, alors chef de l'armée, a destitué et fait arrêter en juillet 2013 le président islamiste Mohamed Morsi, son régime réprime implacablement toute opposition et les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent les disparitions forcées par centaines ainsi que la multiplication des cas de tortures.

"Je suis fermement convaincu que la stabilité économique, sociale et politique de l'Egypte va se renforcer quand des franges de la société égyptienne pourront agir librement et démocratiquement sans interférence de l'Etat, et pourront contribuer au développement du pays", a souligné M. Gabriel.

"Je pense que vous avez un président impressionnant", avait-il toutefois déclaré dimanche après avoir rencontré M. Sissi, cité par des médias allemands.

A l'occasion de sa visite, six accords et contrats ont été signés par des entreprises allemandes et égyptiennes, a indiqué M. Gabriel, sans plus de précisions.

Le président français François Hollande, au Caire lui aussi pour sa première visite d'Etat, avait estimé dimanche que lutter contre le terrorisme supposait "de la fermeté mais aussi un Etat, et un Etat de droit", ajoutant: "les droits de l'homme, ce n'est pas une contrainte, c'est aussi une façon de lutter contre le terrorisme".

Pour se défendre, le régime de Sissi invoque en effet régulièrement le fait que l'Egypte est "le dernier rempart contre les jihadistes" et en proie à de nombreux attentats, visant essentiellement les forces de sécurité et revendiqués par la branche égyptienne de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

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