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18/04/2016 04:13 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Le président français Hollande veut renforcer les liens économiques avec l'Egypte

Le président français François Hollande a assuré lundi son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi de sa volonté de renforcer les relations économiques entre la France et l'Egypte, pays-clé dans la résolution des crises régionales selon lui, en dépit de la répression visant toute opposition.

"Ce qui est en jeu, ce sont bien sûr les échanges, la croissance, le commerce, l'investissement, mais aussi la stabilité, la sécurité, le développement, non seulement de l'Egypte, mais de toute la région. C'est le sens que je veux donner à cette rencontre", a affirmé M. Hollande en inaugurant avec M. Sissi un forum d'entreprises au deuxième jour de sa première visite d'Etat en Egypte.

"La France est le 6e investisseur étranger en Egypte" et "nous avons l'intention de gravir encore quelques marches", a ajouté le chef de l'Etat français, accompagné d'une trentaine de chefs d'entreprises.

Le président Sissi a de son côté fait valoir que son pays "oeuvrait sérieusement pour instaurer un climat d'investissement attractif pour les entreprises étrangères".

Il a rappelé que "les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 2,58 milliards d'euros en 2015" et souligné que la France était "l'un des dix pays qui investissent le plus en Egypte", à hauteur de 4,3 milliards d'euros.

De nouveaux contrats devaient être signés lundi, a indiqué l'entourage de M. Hollande sans plus de précisions. Ils pourraient concerner l'industrie de défense.

Paris est l'un des principaux fournisseurs d'armes au régime de M. Sissi, qui lui a notamment acheté en 2015 24 avions de combat Rafale, une frégate multimissions, des missiles et les deux navires Mistral dont Paris avait annulé la vente à la Russie en raison de la crise ukrainienne.

Les deux chefs d'Etat ont déjà assisté dimanche à la signature de 18 contrats et protocoles d'ententes notamment dans les domaines de l'énergie et du transport. Un consortium emmené par Vinci et Bouygues a remporté l'extension d'une ligne du métro du Caire pour 1,2 milliard d'euros.

Lundi matin, le président français a visité ce chantier.

- 'Une liste de 15 cas' -

Sur un autre thème plus délicat, M. Hollande a fixé la ligne française dans le domaine des droits de l'Homme devant un parterre de chefs d'entreprises français et égyptiens. Il avait déclaré dimanche devant un chef de l'Etat égyptien visiblement très contrarié que les droits de l'Homme sont "aussi une façon de lutter contre le terrorisme".

"La France a toujours des principes, des règles, des valeurs", a indiqué lundi le président français, soulignant toutefois l'importance d'assurer "la sécurité et le développement". "C'est le sens de la relation que nous avons nouée avec l'Egypte", a-t-il ainsi affirmé, évoquant "le contexte du Moyen-Orient" marqué par "un terrorisme qui frappe dans cette région mais aussi en Europe".

"L'Europe et le Moyen-Orient doivent travailler ensemble à la résolution des crises, c'est ce que font l'Egypte et la France", a soutenu M. Hollande.

Quelques jours avant sa visite, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Amnesty international et Human Rights Watch (HRW) notamment avaient dénoncé le "silence assourdissant" de la France sur la "gravité de la répression contre la société civile, au prix d'une augmentation vertigineuse de la pratique de la torture, des incarcérations abusives, des disparitions forcées et des violences". "Se détourner de la question des droits humains en Egypte sous prétexte d'intérêts stratégiques et militaires pourrait faire porter" à la France "une lourde responsabilité", assénaient ces ONG.

M. Hollande va remettre à M. Sissi "une liste de 15 cas" de violations présumées des droits de l'Homme, a indiqué l'entourage du président sans plus de précisions.

Depuis que M. Sissi, alors chef de l'armée, a destitué et fait arrêter en juillet 2013 le président islamiste Mohamed Morsi, premier chef de l'Etat démocratiquement élu en Egypte, son régime réprime dans le sang toute manifestation de ses partisans mais emprisonne aussi des leaders de l'opposition laïque et libérale.

Dans les semaines qui ont suivi la destitution, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués dans les rues. Plus de 40.000 personnes ont été emprisonnées et des centaines, dont M. Morsi, condamnées à mort dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente" du monde.

Le régime de M. Sissi, élu président en mai 2014, invoque le fait que l'Egypte est "le dernier rempart contre les jihadistes" et en proie à de nombreux attentats, visant essentiellement les forces de sécurité et revendiqués par la branche égyptienne de l'EI.

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