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18/04/2016 11:02 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Le marché du pétrole déçu mais sans panique après l'échec de Doha

Les cours du pétrole ont fini en petite baisse lundi, peu affectés par la réunion des pays producteurs dimanche à Doha, où ces derniers n'ont pas trouvé d'accord sur le gel de la production dans un marché croulant sous les excédents.

Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en mai a perdu 58 cents à 39,78 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

"Le coup à l'estomac provoqué par l'effondrement des pourparlers de Doha sur un gel de production laisse les partisans d'une baisse (des cours) aux commandes", a commenté Matt Smith, chez ClipperData.

Les investisseurs avaient espéré voir la réunion de Doha, rassemblant 18 pays producteurs de pétrole membres ou non de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, aboutir à une décision sur un gel d'une production surabondante qui pèse sur les prix depuis près de deux ans.

Mais après six heures de tractations, le ministre qatari de l'Énergie Mohammed ben Saleh al-Sada a annoncé qu'il fallait "plus de temps", douchant l'optimisme du secteur. D'autant qu'aucune date n'a été fixée pour une nouvelle réunion.

Les divergences entre l'Iran, qui a annoncé au dernier moment son absence à la réunion, et l'Arabie saoudite, ont empêché les tractations d'aboutir.

Toutefois "le recul du brut aujourd'hui a été modéré par les nouvelles venues du Koweït", où une grève dans le secteur pétrolier aurait réduit de 60% la production journalière, à 1,1 million de barils par jour, notait M. Smith.

Certains analystes "disent que la déception de Doha est en fait positive", parce que "faute de hausse des cours à court terme, (la production) va nettement baisser cette année", a rapporté Bart Melek, chez TD Securities.

A l'appui de cette thèse, M. Smith a rappelé que la production américaine s'affichait désormais sous le seuil des 9 millions de barils par jour, et que l'Agence internationale de l'énergie avait prédit une accélération de la baisse de l'offre pétrolière hors Opep cette année et en 2017. "Nonobstant Doha, le marché commence à se rééquilibrer", notait M. Smith.

"Le marché est bien en train de se rééquilibrer, mais le processus sera graduel", a noté de son côté Tim Evans, chez Citi.

"Vu le niveau actuel de l'offre et de la demande, nous pensons que le pétrole devrait retomber vers une zone de 35 à 37 dollars le baril de WTI", a déclaré M. Melek.

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