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17/04/2016 23:30 EDT | Actualisé 18/04/2017 01:12 EDT

La Bourse de Moscou et le rouble chutent après l'échec à Doha

Les marchés financiers en Russie, dont l'économie est très dépendante du pétrole, accusaient le coup lundi après l'échec des pourparlers des pays producteurs d'or noir visant à stabiliser leur production, le principal indice boursier moscovite perdant près de 4% en matinée.

Vers 07H15 GMT, l'indice RTS (libellé en dollars) de la Bourse de Moscou cédait 3,74% après un plongeon de plus de 4% à l'ouverture. Le Micex (libellé en roubles) perdait 0,76%.

Le rouble perdait près de 3% de sa valeur, le dollar remontant à 68,31 roubles et l'euro à 77,14 roubles.

Les hydrocarbures représentent une part importante de l'activité économique russe et habituellement environ la moitié des rentrées du budget fédéral, même si cette part a eu tendance à mécaniquement diminuer ces derniers mois avec la baisse des prix.

L'effondrement des cours du pétrole, ajouté aux sanctions des Occidentaux liées à la crise ukrainienne, ont plongé la Russie dans la plus longue récession depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine il y a 16 ans.

Les marchés russes suivent donc de très près le marché pétrolier. La remontée des prix du baril en prévision d'un accord à Doha contribuant à mettre fin à la surabondance de l'offre avait permis au rouble de reprendre des couleurs ces dernières semaines après être tombé en janvier au plus bas niveau de son histoire face au dollar.

Mais après l'échec des négociations dimanche, "la déception pourrait prévaloir à court terme sur le marché", ont constaté les analystes de la banque VTB Capital. "Nous pensons que le rouble pourrait subir des prises de bénéfices même si l'offre liée aux exportations pourrait contenir la volatilité", ont-il ajouté, en référence aux ventes et achats de devises des groupes exportateurs.

A l'issue des négociations de Doha, le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak, cité par l'agence Interfax, a assuré que leur échec n'aurait "aucune conséquence pour la Russie": "Nos entreprises continuent de travailler de manière très compétitive sur le marché".

Il a reconnu qu'il s'attendait aller à Doha conclure un accord et "non discuter de la nécessité de la participation dans ce processus d'autres pays". "La cause de l'échec à atteindre un accord n'est pas l'Iran (qui a refusé de participer, ndlr), c'est la position de l'Arabie saoudite qui estime que tous les pays producteurs doivent participer à cet accord", a jugé le ministre, estimant que la "balle est dans le camp de l'Opep", l'Organisation des pays exportateurs de pétrole dont la Russie ne fait pas partie.

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