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18/04/2016 02:35 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

L'Indonésie promet de résoudre les questions concernant les purges anticommunistes en 1965-66

L'Indonésie a promis lundi de résoudre les questions concernant les purges anticommunistes de 1965-66 mais exclu de présenter des excuses officielles, lors d'une rencontre sans précédent consacrée à l'un des pires massacres du XXe siècle.

"Nous voulons résoudre cette sombre histoire de notre passé", a déclaré le ministre de la Sécurité, Luhut Panjaitan, en ouvrant à Jakarta un symposium consacré à ces massacres qui ont fait au moins 500.000 morts dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

C'est la première fois que l'Etat apporte son soutien à un événement sur ce sujet sensible, et que des représentants officiels indonésiens y participent.

Les massacres avaient débuté après que le général Suharto a réprimé un coup d'Etat que les autorités attribuent aux communistes. Le dictateur avait pris le pouvoir après le coup d'Etat manqué en 1965, et dirigé le pays d'une main de fer pendant 32 ans. Il a été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1998, à la suite de la crise financière asiatique, et est décédé en 2008.

Les livres scolaires omettent certains éléments concernant les violences perpétrées lors des purges anticommunistes, tandis que toute tentative de contestation de la version officielle -- selon laquelle ces massacres étaient nécessaires pour débarrasser le pays du communisme -- a été empêchée par le passé.

"Nous devons faire la paix avec notre passé, et ce ne sera pas parfait, mais il n'est pas question que le gouvernement s'excuse auprès de qui que ce soit", a ajouté Luhut.

En septembre dernier, l'ONG Amnesty International avait appelé l'Indonésie à prendre des mesures pour rendre justice aux victimes des purges contre les membres du Parti communiste et leurs sympathisants en 1965-66.

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