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18/04/2016 09:50 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Islande : le président candidat à sa succession après les "Panama Papers"

Le président islandais Olafur Ragnar Grimsson a annoncé lundi qu'il serait candidat à sa propre succession en juin, renonçant à prendre sa retraite après le scandale des "Panama Papers" qui a provoqué une crise politique.

M. Grimsson, 72 ans, a déjà enchaîné cinq mandats depuis 1996. Il est devenu une personnalité consensuelle dans la tempête, depuis la crise financière de 2008 jusqu'au récent scandale des paradis fiscaux.

Au cours d'une conférence de presse à sa résidence de Reykjavik, le chef de l'Etat a expliqué répondre aux sollicitations d'électeurs qui voudraient le garder à ce poste.

"Après y avoir longuement réfléchi, je suis arrivé à la conclusion que je devais me plier à la demande de ceux qui souhaitent que je sois candidat", a-t-il déclaré.

Il a ainsi mis fin à tout suspense pour ce scrutin prévu pour le 25 juin, dans un pays où aucun homme politique sérieux ne se risquerait à le défier. En 2000, 2004 et 2008, il avait même été automatiquement réélu, faute de rival.

Le président de la République d'Islande, qui avait uniquement une fonction honorifique quand M. Grimsson a pris le poste, a acquis avec lui plus de pouvoir et d'influence.

Il tire sa popularité de sa réputation d'intégrité, de sa dénonciation des excès de la finance dérégulée, et de son pari gagnant en 2010 et 2011 de s'opposer à un accord qui devait faire rembourser à l'Islande des sommes astronomiques à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas après la faillite de la banque Icesave.

Dans le scandale des avoirs dans un paradis fiscal du Premier ministre déchu Sigmundur David Gunnlaugsson, M. Grimsson a joué un rôle d'apaisement, s'opposant au chef du gouvernement qui souhaitait dissoudre le Parlement dans la précipitation, le 5 avril, au surlendemain de la publication de l'enquête journalistique des "Panama Papers".

L'annonce de lundi a suscité des critiques de l'opposition.

"Comment appelle-t-on un pays où un président est au pouvoir depuis 20 ans, promet de ne pas se représenter, puis change d'avis ?", a ironisé sur Twitter le cofondateur du Parti pirate, Smari McCarthy.

En 2012 déjà, comme en 2016, M. Grimsson avait annoncé au mois de janvier qu'il ne serait pas candidat, avant se raviser.

Après la présidentielle, l'Islande doit connaître des élections législatives, promises "à l'automne" par le gouvernement de droite.

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