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18/04/2016 11:57 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Espagne: le principal accusateur au procès de l'Infante Cristina en prison

Le président de "Manos Limpias", un syndicat espagnol qui soutient l'accusation contre la soeur du roi d'Espagne jugée pour complicité de fraude fiscale, a été emprisonné lundi, accusé d'extorsion de fonds, selon la justice.

Miguel Bernad, à l'origine avec son syndicat "Manos Limpias" (Mains propres, considéré d'extrême droite) de plaintes dans de nombreux scandales de corruption qui ont éclaté ces dernières années en Espagne, avait été interpellé vendredi, soupçonné par le juge Santiago Pedraz d'avoir notamment demandé de l'argent à la défense de l'Infante Cristina, soeur cadette du roi Felipe VI, pour retirer sa plainte contre elle.

Miguel Bernad ainsi que Luis Pineda, le président de l'association de consommateurs Ausbanc, également placé en détention, sont soupçonnés par le juge d'avoir organisé un réseau d'extorsion de fonds, exigeant de l'argent d'entreprises et de banques contre la promesse de renoncer à des plaintes devant la justice, selon l'ordonnance du juge.

Le magistrat les accuse "d'extorsion, de menaces et d'appartenance à une organisation criminelle".

"Les pratiques employées consistaient à faire pression sur certaines sociétés pour obtenir des accords économiques maquillés en accords publicitaires, utilisant le syndicat Manos Limpias comme moyen pour renforcer cette pression", ajoute le magistrat dans son ordonnance.

Manos limpias est partie prenante dans le grand procès, pour détournement de fonds publics et fraude fiscale qui a fait s'asseoir sur le banc des accusés l'infante Cristina et son mari Inaki Urdangarin, et terni l'image de la monarchie espagnole.

Ce syndicat maintient l'accusation contre Cristina, jugée pour complicité de fraude fiscale présumée, alors que le parquet anticorruption et l'avocat de l'Etat ont considéré qu'il n'y avait pas matière à la poursuivre.

Un avocat de l'infante a assuré vendredi que Manos Limpias avait demandé de l'argent en échange du retrait de sa plainte. "Manos Limpias a exigé (...) cet argent pour retirer l'accusation contre l'infante", a soutenu l'avocat Pau Molins à la télévision régionale catalane. "L'équipe des défenseurs de l'infante a catégoriquement refusé".

Manos Limpias et Ausbanc, séparément ou ensemble, sont intervenues au titre de l'accusation populaire dans d'autres scandales retentissants, comme l'affaire des cartes bancaires à débit illimité et sans contrôle utilisées à des fins personnelles par des dirigeants de Bankia. Plus de soixante personnes doivent être jugées dans le cadre de cette affaire, dont l'ancien directeur général du FMI Rodrigo Rato qui présidait la banque.

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