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18/04/2016 12:49 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

En Equateur, quelques lueurs d'espoir, deux jours après un séisme meurtrier

Une fillette et d'autres survivants extirpés des décombres: les secouristes équatoriens et internationaux ont été récompensés de leurs recherches qui se poursuivaient lundi, parfois à mains nues, deux jours après le puissant séisme qui a fait au moins 350 morts.

Restée coincée 20 heures sous les gravats d'un immeuble, cette jeune fille a été retrouvée "miraculeusement" en vie, selon des médias locaux, à Pedernales, l'épicentre du séisme de magnitude 7,8, le pire en Equateur en près de 40 ans.

A Manta, à 150 km plus au sud sur la côte ouest, "au terme de longues heures de travail intense, trois personnes ont été retrouvées en vie parmi les décombres à Tarqui", quartier de la ville de Manta, ont annoncé les pompiers sur Twitter.

Dans le port de la ville, les chiens qui accompagnaient les sauveteurs au milieu des ruines marquaient la présence de survivants par leurs aboiements.

"Le bâtiment est très instable. Nous devons découper le mur à la tronçonneuse, on suppose qu'ici se trouvent une quinzaine de personnes attrapées. Le chien a indiqué qu'il y avait des vivants à 08H00 du matin (13H00 GMT), mais nous avons fait des recherches et il n'y a pas de réponses", a déclaré à l'AFP le pompiers Carlos Paredes.

"Toute la nuit nous avons continué les opérations de recherche, de sauvetage et d'évacuation des personnes restées coincées (sous les décombres, ndlr)", a expliqué à la chaîne Teleamazonas le ministre de la Sécurité César Navas.

"Malheureusement nous devons informer qu'il y a environ 350 personnes décédées, le nombre de blessés aussi a augmenté", a-t-il déclaré. Un précédent bilan faisait état de 272 décès et plus de 2.000 blessés.

"Le nombre (de morts) va sûrement augmenter et probablement de manière considérable", a prévenu le président équatorien Rafael Correa qui a annoncé que la reconstruction du pays allait "coûter des centaines (de millions), probablement des milliards de dollars".

"Il va falloir reconstruire Pedernales, le centre de Portoviejo, le quartier de Tarqui à Manta, (les villes de) Canoa, Jama... Cela va prendre des mois, des années", a-t-il ajouté alors qu'il parcourait Pedernales, l'épicentre du tremblement de terre, le plus violent depuis 1979 dans le pays.

La Croix-Rouge espagnole a lancé un appel à l'aide, estimant que "70.000 à 100.000 personnes auront besoin d'assistance", dont "3.000 à 5.000 nécessitent un logement d'urgence". Environ 1.200 volontaires et employés de la Croix-Rouge équatorienne participent aux opérations de secours.

De tout le pays, des camions transportant des habits, des produits d'hygiène, des médicaments et des aliments pour les victimes se dirigeaient lundi vers la côte Pacifique.

- Répliques -

Deux Canadiens figurent parmi les victimes, selon les autorités de ce pays, et une missionnaire irlandaise de 33 ans a également trouvé la mort, selon sa communauté religieuse.

Des engins de chantier étaient également transportés lundi vers la zone affectée, afin d'aider à soulever les décombres d'immeubles et maisons effondrés dans la secousse.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Guillaume Long, des renforts et experts du Venezuela, de Colombie, du Pérou, du Mexique, de Cuba, de Bolivie, du Chili, de Suisse et d'Espagne sont désormais sur place.

"Demain (mardi), nous travaillerons à la coopération pour l'après-sauvetage", a-t-il expliqué sur son compte Twitter.

Sur le littoral équatorien, les sinistrés cherchaient à mains nues leurs disparus sous les gravats et gardaient l'espoir de retrouver leurs proches.

"Mon mari est là-dessous", a lancé, à Manta, Véronica Paladines, 24 ans, qui, en dépit de sa stature frêle, écartait avec force les décombres de l'hôtel où travaillait Javier Sangucho, 25 ans.

"Des fonds ont déjà été débloqués : 300 millions de dollars pour les urgences, 150 millions pour la reconstruction", a expliqué à l'AFP le vice-président Jorge Glas.

"Ici à Pedernales, des survivants ont été sauvés des décombres et nous ne perdons pas espoir. Nous n'écartons pas" la possibilité de trouver d'autres rescapés, a-t-il ajouté.

Les habitants craignent désormais de nouvelles répliques.

Jusqu'à présent, l'Institut équatorien de géophysique (IG) a signalé 230 répliques d'une magnitude de 3,5 à 6,1.

L'Union européenne a annoncé l'activation du mécanisme européen de protection civile pour aider l'Equateur et le secrétaire d'Etat américain John Kerry a offert le soutien des Etats-Unis.

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