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17/04/2016 20:43 EDT | Actualisé 18/04/2017 01:12 EDT

Birmanie: Suu Kyi favorable à d'autonomie pour les minorités ethniques

Aung San Suu Kyi a promis lundi de faire pression pour une plus grande autonomie des minorités ethniques en Birmanie, un pas en direction des nombreuses armées rebelles qui s'opposent à l'Etat central dans plusieurs régions.

Son parti, qui a pris début avril les rênes du pays après des élections historiques en novembre, va travailler à mettre en place "une véritable union démocratique fédérale", a-t-elle déclaré lors d'une allocution télévisée pour le Nouvel an birman.

"La paix est liée à la question d'une union fédérale démocratique, voilà pourquoi nous avons besoin de changer la Constitution. Le plus important est la réconciliation nationale", a ajouté la conseillère spéciale d'Etat.

L'ancienne colonie britannique est confrontée depuis son indépendance en 1948 à des soulèvements de groupes ethniques qui réclament plus d'autonomie mais la Constitution actuelle du pays, rédigée sous la junte militaire en 2008, centralise le pouvoir.

Dans plusieurs régions frontalières du pays, des combats meurtriers opposent régulièrement armée et groupes rebelles ethniques. Une situation explosive compliquée par l'enjeu du contrôle des richesses naturelles, comme le rubis ou les bois précieux.

Lors des législatives de novembre, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), très large vainqueur au niveau national, a également réalisé de très bons scores dans les régions où les minorités ethniques sont majoritaires.

Toutefois pour modifier la Constitution, le projet doit être avalisé par l'armée. Cette dernière a conservé, via des députés non élus, un quart des sièges au sein du Parlement et toute modification de la Constitution requiert plus de 75% des votes.

Empêchée de devenir présidente, la lauréate du prix Nobel de la paix avait annoncé qu'elle voulait être "au-dessus" du président. Elle a, dans ce but, placé à ce poste Htin Kyaw, un homme de sa garde rapprochée, considéré comme sa doublure.

La Constitution interdit la fonction présidentielle à quiconque a des enfants de nationalité étrangère, ce qui est le cas d'Aung San Suu Kyi, qui a deux fils britanniques.

Ministre des Affaires étrangères au sein du premier gouvernement civil depuis des décennies, elle est aussi conseillère spéciale de l'Etat.

Elle avait expliqué en janvier que la première mission du prochain gouvernement birman serait de "bâtir la paix" dans le pays.

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