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18/04/2016 09:02 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Autriche: les partis traditionnels distancés dans la course à la présidentielle

Un écologiste, un candidat d'extrême droite et une indépendante caracolent en tête des sondages à quelques jours du premier tour de la présidentielle en Autriche, qui pourrait voir l'élimination inédite des représentants de deux grands partis traditionnels, selon des sondages parus lundi.

Deux sondages confirment une tendance constante depuis le début de la campagne: les trois premières places devraient se jouer entre l'ancien chef des Verts Alexander van der Bellen, le candidat du parti d'extrême droite FPÖ Nobert Hofer et l'ancienne juge à la Cour suprême Irmgard Griss, candidate indépendante.

M. Van der Bellen, théoriquement indépendant mais soutenu par les Verts, est en tête des deux enquêtes d'opinion réalisées pour les quotidiens Kurier et Österreich avec respectivement 25% et 26% d'intentions de vote, suivi par Nobert Hofer à 24% dans les deux sondages. La seule candidate, Mme Griss, est donnée à 21% dans Kurier et 20% dans Österreich.

Face à eux, les deux candidats des partis de la coalition au pouvoir sont largement distancés: les sondés placent entre 15 et 16% le social-démocrate Rudolf Hundstorfer (SPÖ) et à 11% le conservateur Andreas Khol (ÖVP).

Environ 6,3 millions d'Autrichiens sont appelés aux urnes dimanche pour désigner un successeur au président Heinz Fischer issu des rangs sociaux-démocrates.

En Autriche, le président a surtout un rôle honorifique et moral. Mais l'échec à la présidentielle des candidats des deux partis piliers du paysage politique conduirait à une configuration inédite depuis 1945.

Dans le passé, des présidents ont été élus sous l'étiquette indépendante mais avec le soutien explicite ou tacite des grands partis.

A l'approche du scrutin, des médias autrichiens anticipaient un "tournant" politique et donc un échec cuisant pour les dirigeants des deux grands partis, le chancelier Werner Faymann (SPÖ) et le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner (ÖVP), alliés depuis 2008 dans une grande coalition dont le mandat court jusqu'en 2018.

Le thème des réfugiés, et par conséquent de la politique migratoire, a été très présent dans la campagne. L'Autriche, située sur l'itinéraire des réfugiés vers l'Europe, a été l'un des pays qui a accueilli le plus grand nombre de migrants proportionnellement à sa population en 2015.

Et les élections locales des derniers mois, notamment les municipales à Vienne, ont été marquées par les forts scores de l'extrême droite.

Si aucun candidat ne s'impose le 24 avril, un second tour de scrutin aura lieu le 22 mai.

smk/gl