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18/04/2016 10:38 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Arabie saoudite: un projet de loi lié au 11-Septembre, autre sujet épineux pour Obama

Déjà annoncée comme délicate, la visite du président américain Barack Obama cette semaine à Ryad sera rendue encore plus épineuse par un projet de loi qui permettrait de mener les dirigeants saoudiens devant des tribunaux américains pour les attentats du 11-Septembre.

Ce texte, soutenu par des élus aussi bien démocrates que républicains, n'a pas encore été soumis à un vote au Congrès mais suscite déjà des tensions.

Selon le New York Times, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a averti des élus américains, lors d'une visite à Washington le mois dernier, de possibles conséquences coûteuses si ce projet de loi est adopté. Le quotidien affirme qu'il a menacé de vendre quelque 750 milliards de dollars en bons du Trésor américain et autres biens détenus aux Etats-Unis.

Si elle était adoptée, cette loi permettrait aux familles des victimes du 11 septembre 2001 de poursuivre, notamment, le gouvernement saoudien pour obtenir des dédommagements. Aucune implication de l'Arabie saoudite n'a jamais été démontrée mais 15 des 19 pirates de l'air étaient Saoudiens.

La Maison Blanche est opposée à cette loi ("The Justice Against Sponsors of Terrorism Act" en anglais). Le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait même déclaré à des sénateurs en février que si elle était adoptée, elle "pourrait exposer les Etats-Unis à des poursuites en justice" et "créer un terrible précédent", selon des médias américains.

Barack Obama rencontrera mercredi le roi Salmane à Ryad. En réintégrant l'Iran, grand rival chiite de l'Arabie saoudite, dans le jeu diplomatique et en renonçant à intervenir en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, le président des Etats-Unis a ulcéré les monarchies sunnites, partenaires de longue date des Etats-Unis.

Zacarias Moussaoui, le Français condamné en liaison avec les attentats du 11-Septembre et surnommé le "20e pirate de l'air", avait assuré à des avocats américains en février que des membres de la famille royale saoudienne avaient versé des millions de dollars à Al-Qaïda dans les années 1990.

Une affirmation immédiatement rejetée par l'ambassade d'Arabie saoudite mais qui avait rouvert le débat à Washington sur la nécessité de publier une partie encore classée du rapport de la commission d'enquête américaine sur le 11-Septembre. Vingt-huit pages qui évoqueraient, selon certains, le rôle possible de gouvernements étrangers.

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