NOUVELLES
16/04/2016 08:49 EDT

Le pape ramène 12 réfugiés au Vatican (PHOTOS)

Le pape François a réalisé samedi un coup d'éclat en ramenant de l'île grecque de Lesbos trois familles de réfugiés syriens musulmans, invités à démarrer une nouvelle vie sous l'aile du Vatican.

L'article se poursuit après la galerie photos.

Galerie photo Le pape à Lesbos Voyez les images

"C'est une goutte d'eau dans la mer, mais après cette goutte, la mer ne sera plus jamais la même", a expliqué le pape à la presse pendant le vol du retour, en citant mère Teresa de Calcutta.

Les 12 Syriens se sont faufilés rapidement sur la passerelle de l'avion, quand le pape saluait encore ses hôtes sur le tarmac de l'aéroport de Mytilène, le chef-lieu de l'île.

Aucune raison de se cacher pourtant, tous leurs papiers sont en règle, les autorités grecques et italiennes étant parfaitement informées de la démarche, a assuré le pontife argentin.

Il a expliqué que l'idée de ce "geste humanitaire" lui avait été soufflée par un collaborateur il y a une semaine: "J'ai dit oui tout de suite. J'ai entendu que cela venait de l'Esprit Saint".

Et selon lui, la religion des intéressés n'est pas entrée en ligne de compte: "Je n'ai pas fait de choix entre chrétiens et musulmans. Ces trois familles avaient leurs papiers en règle et ça pouvait se faire".

"Il y avait deux familles chrétiennes mais leurs papiers n'étaient pas prêts. (La religion) n'est pas une dérogation. Tous les réfugiés sont fils de Dieu", a-t-il insisté.

Pendant le vol, les Syriens sont restés discrets, à l'avant de l'avion, séparés de la presse par un rideau. Une mère portant le voile est seulement passée, tout sourire mais sans dire un mot, pour accompagner ses deux enfants aux toilettes.

A l'arrivée, le pape est descendu en premier puis il a attendu ses invités pour les accueillir lui-même à Rome, saluant chacun avec un grand sourire et bénissant les enfants.

Méfiance envers les musulmans

Ils sont désormais "les hôtes du Vatican" a expliqué François à la presse. La communauté Sant'Egidio va fournir un soutien logistique au début, puis ils rejoindront les deux familles syriennes - chrétiennes celles-là - accueillies par les deux paroisses du Vatican.

A l'automne, le pape avait en effet demandé à chaque paroisse d'Europe d'accueillir une famille de réfugiés, un appel resté souvent lettre morte.

Avec ses nouveaux hôtes, qui bénéficient d'un visa humanitaire et devraient déposer prochainement une demande d'asile auprès des autorités italiennes, le Vatican compte désormais une vingtaine de réfugiés pour moins de 1.000 habitants. Si les 300 millions d'Européens faisaient de même, ils accueilleraient 6 millions de personnes.

Les trois familles étaient arrivées en Grèce avant le 20 mars et l'entrée en vigueur de l'accord entre l'Union européenne et Ankara, qui prévoit notamment le renvoi vers la Turquie de tous les migrants débarquant en Grèce.

Deux d'entre elles sont originaires de Damas et la troisième de Deir Ezor, dans les territoires occupés par l'organisation Etat islamique (EI), a ajouté le Vatican, précisant que leurs maisons avaient été bombardées.

Le pape François a effectué samedi une visite de quelques heures sur Lesbos, porte d'entrée des migrants en Europe, pour marteler un message d'accueil et de solidarité qui peine toujours à passer en Europe.

Accompagné par le patriarche de Constantinople Bartholomée et Ieronymos, l'archevêque orthodoxe d'Athènes et de toute la Grèce, le pape a passé plusieurs heures dans le camp de Moria, symbole du durcissement européen en cours.

"Cela a été une journée très forte", a-t-il raconté dans l'avion, visiblement marqué, avant de montrer les dessins d'angoisses et d'espoirs que les enfants du camp lui avaient donnés.