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16/04/2016 08:13 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

Le pape François dit comprendre les "peurs" liées aux migrants

Le pape François a assuré samedi comprendre les craintes suscitées en Europe par l'arrivée massive de migrants ces dernières années, lors d'une conférence de presse dans l'avion qui le ramenait de l'île grecque de Lesbos.

"Je comprends les peuples qui ont une certaine peur, je le comprends. Nous devons avoir une grande responsabilité dans l'accueil", a déclaré le pontife argentin, à l'issue de sa visite éclair "de solidarité" auprès des migrants et des Grecs.

Douze réfugiés syriens, dont six mineurs, l'accompagnaient dans l'avion le ramenant au Vatican, où ils seront hébergés. Il s'agit de trois familles musulmanes, dont les "maisons ont été bombardées", l'une venant d'une zone occupée par l'Etat islamique (EI), a précisé le Vatican.

Après avoir répété pendant la journée que l'Europe devait accueillir les migrants du camp de Moria, pourtant voués au renvoi selon les termes de l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, il s'est cependant refusé à commenter directement l'accord.

"Je ne fais pas de spéculation politique, cet accord, je ne le connais pas", a-t-il assuré.

Il a préféré mettre l'accent sur l'importance de l'intégration: "Bâtir des murs n'est pas une solution (...). Il faut faire des ponts, mais faire des ponts intelligemment, avec le dialogue, le travail".

"Aujourd'hui, il y a des ghettos. Certains terroristes sont fils et petits-fils du pays (qu'ils ont frappé, ndlr), de l'Europe. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il n'y a pas eu de politique d'intégration. L'Europe doit retrouver cette capacité d'intégration qu'elle a toujours eue", a plaidé Jorge Bergoglio.

Interrogé sur son refus de faire la distinction, contrairement au droit international, entre ceux qui fuient des violences et ceux qui fuient la misère, il a assuré que tous étaient "victimes de l'exploitation": exploitation de la terre et de l'économie pour certains, exploitation des tensions par les trafiquants d'armes pour d'autres.

"Je conseillerais à ces trafiquants de venir passer une journée dans ce camp (de Moria). Je pense que ce serait salutaire", a-t-il déclaré.

Il a également montré à la presse des dessins que lui ont donné des enfants du camp, montrant pour l'un une colombe apportant la paix, pour d'autre un grand bateau souriant arrivant au secours d'une barque en train de sombrer.

"Cela a été une journée très forte", a insisté le pape, visiblement marqué par ses échanges avec les migrants.

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