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16/04/2016 08:05 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

"L'élite brésilienne n'aime pas la démocratie", déclare l'ex-président Lula

L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva a attribué samedi à "l'élite brésilienne" la tentative de destitution de la présidente Dilma Rousseff, au cours d'une action avec des militants de gauche à Brasilia.

"L'élite brésilienne n'aime pas la démocratie", a lancé Lula, dirigeant historique de la gauche, acclamé par plus de mille paysans sans terre, syndicalistes et militants du Parti des Travailleurs (PT-gauche) qui campent près du stade de football Mané Garrincha de Brasilia.

Lula et Mme Rousseff accélèrent les négociations samedi pour freiner la mise en oeuvre de la procédure de destitution qui donnera lieu à un vote de l'assemblée plénière des 513 députés dimanche soir. Pour être enclenchée, elle doit obtenir le vote des deux tiers des députés (342).

"Nous ne devons pas les laisser remporter les 342 voix. C'est une guerre de chiffres qui montent et qui descendent comme à la Bourse des valeurs. A un moment, le type dit qu'il est pour nous et après, il ne l'est plus et il faut négocier 24 heures par jour", a dit Lula dans son bref discours.

Les joutes enflammées des députés qui ont commencé vendredi ont repris samedi à 11H00 (15H00 GMT). Chaque parlementaire de ce pays-continent a le droit de s'exprimer trois minutes à la tribune.

Mme Rousseff, accusée par l'opposition d'avoir maquillé les comptes publics, dénonce un "coup d'Etat" car même si elle est impopulaire, elle a été démocratiquement élue avec 54 millions de suffrages.

Les militants agitaient des drapeaux rouges, la couleur du Parti des Travailleurs de Lula et de Dilma Rousseff et brandissaient des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire : "Il n'y aura pas de coup d'Etat", a constaté l'AFP.

"Je suis ici pour que soient respectés la Constitution et l'Etat démocratique, même si nous avons de nombreuses critiques envers le gouvernement qui n'a pas délimité les terres indigènes. Le coup d'Etat n'est pas la voie pour le pays. C'est un putsch réactionnaire", a déclaré à l'AFP Cleber Buzatto, un militant indigène âgé de 40 ans.

Il était prévu au départ que la présidente Rousseff elle-même participe à cette action mais ses collaborateurs ont dit à l'AFP qu'elle avait décidé de ne plus y aller pour mener les dernières négociations en vue du vote de dimanche.

De grandes manifestations de chaque camp sont prévues pour dimanche dans plusieurs villes du Brésil.

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