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16/04/2016 10:27 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

Koweït: le syndicat pétrolier rejette l'appel d'un ministre à cesser la grève

Le syndicat des travailleurs du secteur pétrolier a rejeté samedi un appel du ministre koweïtien du Pétrole à mettre fin à la grève contre des baisses de salaires et à négocier.

Dans un communiqué cité par l'agence officielle KUNA, Anas Saleh a exhorté les travailleurs à "donner la priorité aux intérêts publics et à revenir à la raison (...) en s'asseyant à la table des négociations".

Le syndicat a immédiatement rejeté l'appel du ministre, affirmant que celui-ci n'apportait rien de nouveau et que la grève allait se poursuivre comme prévu dimanche matin.

"La grève se poursuivra comme prévu", a déclaré à l'AFP le chef du syndicat Saif al-Qahtani, tenant les compagnies pétrolières et le ministre responsables de la grève et de ses potentielles conséquences économiques.

Le ministre a de son côté assuré aux travailleurs qu'il n'y aurait pas de réduction salariale.

La compagnie publique Kuwait Petroleum corp (KPC) a examiné jeudi des plans d'urgence pour faire face à cette grève.

Pour contrer la baisse drastique des prix du pétrole, qui pèse lourdement sur le budget de ce petit pays du Golfe, les autorités koweïtiennes ont annoncé ces derniers mois une série de mesures d'austérité.

Parmi elles, la mise en place d'une nouvelle grille de salaires s'appliquant à tous les fonctionnaires du pays, dont les quelque 20.000 employés du secteur pétrolier.

Selon KPC, le syndicat des ouvriers a boycotté jeudi des négociations proposées par le ministère des Affaires sociales.

KPC avait proposé de "suspendre" les réductions des dépenses si le syndicat acceptait de rejoindre un comité chargé de négocier un règlement de la crise.

Le syndicat conteste aussi des projets de privatisation de certaines activités du secteur pétrolier.

Le Koweït, quatrième plus gros producteur des pays de l'Opep, produit actuellement trois millions de barils par jour.

Une grève prolongée pourrait réduire drastiquement cette production, alors que les principaux producteurs de brut se réunissent dimanche au Qatar pour négocier un gel de la production afin de dynamiser les prix.

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