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16/04/2016 06:58 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

Kenya: Kenyatta et Ruto appellent à la "réconciliation" et à "l'unité"

Le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto ont appelé à la "réconciliation" et à "l'unité" samedi lors d'un rassemblement à Nakuru (ouest), après l'abandon par la Cour pénale internationale des poursuites à leur encontre pour les violences post-électorales de 2007-2008.

"Nous ne sommes pas ici pour faire la fête, mais pour nous souvenir et pour prier les uns pour les autres", a déclaré M. Kenyatta en clôturant une journée de commémoration et de prières, dans le stade Afraha de Nakuru, où s'était réunie une large foule.

"Nous nous consacrons à la réconciliation et à la construction d'une nation plus solide", a-t-il ajouté, en référence aux violences qui avaient accompagné la réélection contestée du président Mwai Kibaki face à Raila Odinga en décembre 2007.

La Cour pénale internationale (CPI) a abandonné le 5 avril les poursuites pour crimes contre l'humanité à l'encontre de M. Ruto, dans une procédure marquée par de nombreuses subornations présumées et rétractations de témoins.

Le vice-président kényan était poursuivi pour des meurtres, persécutions et déportations commises durant ces violences de 2007, qui avaient fait plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés, selon l'acte d'accusation de la CPI.

En décembre 2014, la CPI avait abandonné, faute de preuve, ses poursuites contre le président Kenyatta, lui aussi inculpé de crimes contre l'humanité.

M. Ruto, qui avait dénoncé après la fin des poursuites de la CPI un dossier monté de toutes pièces, a commencé par adresser des reproches à la juridiction internationale.

"Des innocents dans notre pays ont été piégés pour être présentés comme responsables de ce qui s'est passé en 2007-2008", a-t-il regretté. Mais "le peuple kényan est une nation qui sait pardonner", a-t-il enchaîné.

"Nous devons rejeter l'ethnicité qui nourrit l'animosité au sein de notre peuple. Nous devons refuser d'être divisés", a-t-il plaidé, tout en demandant au gouvernement de s'assurer que "le Kenya devienne uni".

Le président Kenyatta a pour sa part promis de faire en sorte que "chaque victime soit correctement et véritablement indemnisée".

Ce rassemblement n'a pas tourné à la réunion politique, comme l'imaginait la presse kényane, qui pensait que MM. Kenyatta et Ruto utiliseraient l'événement pour sinon annoncer, du moins suggérer qu'ils pourraient reconduire le même ticket lors de l'élection présidentielle de 2017.

Mais, pour ne pas s'exposer aux accusations de récupération politique, ils ont finalement soigneusement évité toute référence aux prochaines élections.

str-cyb/de