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16/04/2016 05:25 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

Irak: la zizanie se poursuit au Parlement, le sort de son président incertain

Le Parlement irakien a continué samedi de se déchirer entre des députés favorables à l'éviction du président de la chambre et ceux qui jugent "inconstitutionnel" le récent vote sur sa destitution.

Ces querelles risquent d'aggraver encore davantage la grave crise politique en Irak où le Premier ministre Haider al-Abadi tente, sans succès, de former un nouveau gouvernement de technocrates afin de mener des réformes pour enrayer la corruption.

Un groupe de députés s'est retiré de la session de samedi où les députés qui ont voté jeudi la destitution du chef du Parlement Salim al-Joubouri espéraient y désigner son remplaçant.

L'ONU et les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude de voir les querelles politiques prendre le pas sur la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) qui contrôle des territoires à l'ouest et au nord de Bagdad.

Le député Qassem al-Araji a annoncé que 23 députés du bloc chiite Badr se sont retirés de la session, indiquant que les querelles parlementaires risquaient de découler sur la formation de deux gouvernements rivaux.

Depuis jeudi, "nous vivons avec deux Parlements et cela pourrait conduire à deux gouvernements", a indiqué M. Araji à des journalistes, mettant en garde contre "un effondrement du front" contre l'EI.

"Nous sommes contre la division du Parlement et nous voulons assurer la pérennité du processus politique", a-t-il martelé.

M. Joubouri, qui n'était pas présent lors de la séance de jeudi, a contesté le résultat du vote, affirmant que le quorum requis de 165 élus n'avait pas été atteint et que sa destitution était donc "inconstitutionnelle".

Le chef du Parlement, proche du Premier ministre, avait appelé à la tenue d'une session samedi avant de l'annuler pour des raisons de sécurité, selon un communiqué publié par son bureau.

Mais ses opposants ont quand même tenu samedi à désigner les remplaçants de M. Joubouri et de ses deux adjoints. Il n'était pas clair dans l'immédiat si le retrait du bloc Badr allait empêcher la session d'avoir lieu.

Le député Khadim al-Shammari, membre d'un autre bloc politique en faveur de la destitution de M. Joubouri, a appelé les députés de Badr à "contribuer avec leurs frère à écrire une nouvelle histoire de l'Irak".

M. Abadi souhaite remplacer les membres de son gouvernement affiliés à des partis par une équipe de technocrates mais les puissants blocs politiques s'inquiètent de perdre les privilèges dont ils bénéficient grâce aux postes de ministres dont leurs membres disposent.

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