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16/04/2016 08:19 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

Howard Grant : rebâtir le champion en Bute

MONTRÉAL - Les frères Howard et Otis Grant ont fait de Lucian Bute leur priorité depuis un an. Rebâtir un champion pourrait rapporter gros, tant financièrement que du point de vue de la renommée.

Un texte de Jean-François Chabot

Installés dans un gymnase de Dorval, tout juste au nord de l'aéroport, les frères Grant comptent déjà une dizaine de boxeurs professionnels dans leur entourage.

Outre Bute, qui prépare son combat de championnat WBC du 30 avril face à Badou Jack, on peut régulièrement y apercevoir Jo Jo Dan ou Francis Lafrenière, qui a su en mettre plein la vue aux amateurs lors de son dernier combat contre Renan St-Juste en sous-carte du deuxième combat entre Sergey Kovalev et Jean Pascal.

Il y a quelques années, ils ont travaillé en compagnie de Joachim Alcine et d'Herman Ngoudjo pour les conduire au sommet.

Otis Grant a été champion du monde WBO des poids moyens en 1997. De son côté, Howard a représenté le Canada aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Deux ans plus tôt, il avait décroché l'or aux Jeux du Commonwealth chez les mi-moyens.

Howard était parmi les hommes de coin quand son frangin a décroché son titre mondial en battant Ryan Rhodes, à Sheffield en Angleterre.

Aussi bien dire que la boxe coule dans leurs veines comme la sueur sur le front et le corps de ceux qu'ils forgent à force de labeur et de désir de vaincre.

« Avoir un champion dans son gymnase, ça veut dire beaucoup. Mais je n'ai jamais vu personne travailler aussi fort que Bute. Voilà un ancien champion du monde qui s'entraîne comme une recrue et j'apprécie vraiment l'expérience », admet Howard Grant d'entrée de jeu.

Il ne cache pas qu'une victoire de Bute à Washington aurait un impact important sur l'entreprise qu'il partage avec son frère.

« Ce serait énorme pas juste pour mon frère et moi, mais pour tous ceux qui viennent ici pour s'entraîner. Déjà, ils voient Lucian ici et peuvent lui parler. C'est aussi bon pour Montréal, le Québec et le Canada entier », a lancé Grant.

« Je ne sais pas si cela aura un effet pour amener davantage de clients. De toute façon, je suis ici tous les jours. C'est ce que j'aime faire. Pour moi, ce n'est pas du travail. Je fais ce qui me passionne dans la vie. Rare sont ceux qui peuvent dire cela. On travaille fort, mais on se sent plus comme une famille ici », a poursuivi Howard avec une lumière dans les yeux.

Il a aussi insisté pour dire qu'il prenait son rôle très au sérieux.

« Si nos boxeurs n'ont pas de succès, le gymnase et l'entreprise en pâtira. C'est pourquoi je peux vous dire que le 30 avril, on aura un nouveau champion, mais je resterai le même. »

Howard est également convaincu que le succès attire le succès.

« Je suis sûr à 100% que ce sera le cas. Mais mon frère et moi ne voulons pas travailler avec des vauriens. Nous voulons travailler avec des gens qui respectent le sport, qui travaillerons sans relâche au gymnase et qui vont savoir se taire. C'est exactement comme à l'école. Si vous répliquez au professeur, vous serez puni. On ne vous demande pas d'être déjà un boxeur aguerri, mais il y a des attitudes qui ne sont pas tolérées ici. »

En terminant, j'ai demandé à Howard Grant ce que Lucian Bute avait pu trouver chez lui qu'il n'avait pas rencontré ailleurs auprès d'autres entraîneurs.

« Je connais la game », a-t-il aussitôt répondu en esquissant un large sourire.

« Je n'ai pas livré beaucoup de combats, mais mon frère et moi sommes des personnes positives. La première fois que Lucian est venu ici, nous avons parlé dans le bureau. Je ne suis pas un psy, je n'ai pas été à l'école assez longtemps. Je lui ai simplement dit qu'il n'était pas un boxeur fini et qu'il avait encore l'étoffe d'un champion. »

Howard Grant est convaincu que les amateurs ont déjà vu le changement s'opérer chez Bute et que son protégé surprendra encore le monde de la boxe.