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16/04/2016 04:33 EDT | Actualisé 17/04/2017 01:12 EDT

En Grèce, le pape implore l'Europe de traiter les migrants avec dignité

MORIA, Grèce — Lors d'une visite émotive dans un camp de réfugiés en Grèce, samedi, le pape François a incité l'Europe à gérer la crise des migrants «d'une façon digne de notre humanité commune».

Le pape s'est rendu sur l'île de Lesbos aux côtés du chef spirituel de l'Église orthodoxe dans le monde et du chef de l'Église orthodoxe grecque afin de remercier la Grèce pour son accueil massif de migrants alors que l'Union européenne met en place un plan controversé pour déporter les demandeurs d'asile en Turquie.

Une source impliquée dans le voyage du pape indiqué qu'il prévoyait ramener avec lui 12 réfugiés. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, avait refusé de commenter la nouvelle qui avait été annoncée en premier par la télévision d'état grecque ERT. Le Vatican a déjà accueilli deux familles de réfugiés.

Plusieurs migrants se sont agenouillés et pleuraient aux pieds du pape lorsqu'il s'est approché d'eux avec les chefs orthodoxes au camp de Moria.

Le souverain pontife a dit aux migrants qu'ils n'étaient pas seuls et qu'ils ne devaient pas perdre espoir. Il a fait cette visite, a-t-il-expliqué, pour entendre leurs histoires et attirer l'attention du monde entier sur leur sort.

Le pape a encouragé tous les «frères et soeurs» du continent européen à leur venir en aide dans un «esprit de fraternité, de solidarité et de respect pour la dignité humaine».

François, le patriarche œcuménique Bartholomée Ier et l'archevêque d'Athènes, Hiéronyme II ont ensuite signé une déclaration conjointe pour appeler la communauté internationale à faire de la protection de la vie humaine une priorité et à s'assurer que tous — surtout les chrétiens — puissent rester dans leurs pays pour profiter «du droit fondamental de vivre en paix et en sécurité».

«Le monde sera jugé sur la façon dont il vous a traités. Nous serons tous responsable de la façon dont nous répondons à la crise et aux conflits dans les régions dont vous venez», a dit Bartholomée Ier aux migrants.

Le pape et les deux dirigeants orthodoxes ont ensuite dîné avec huit migrants qui partagé leurs histoires. Ils se sont ensuite dirigés vers le port principal de l'île pour prier ensemble et lancer une gerbe de fleurs dans la mer en mémoire de tous ceux qui n'ont pas survécu à la dangereuse traversée vers l'Europe.

Plus tôt, samedi, le pape a rencontré le premier ministre grec Alexis Tsipras et l'a remercié pour la «générosité» du peuple grec à l'égard des réfugiés malgré les difficultés économiques de son pays.

M. Tsipras, pour sa part, a dit qu'il était fier de son pays «à un moment où certains de nos partenaires (...) érigent des murs et des clôtures pour empêcher des gens sans défense de trouver une meilleure vie».

Le Vatican a martelé, samedi, que la visite du souverain pontife était purement humanitaire et religieuse, et qu'elle ne visait pas à critiquer «directement» le plan de l'Europe.

Le 18 mars, les dirigeants de l'Europe se sont entendus avec la Turquie pour déporter toute personne arrivant clandestinement sur le continent — sauf s'ils demandent l'asile en bonne et due forme en Grèce. Pour toute personne qui est renvoyée, l'Europe accueillera un migrant déjà établi en Turquie. En revanche, Ankara a reçu des milliards d'euros pour l'aider à s'occuper des quelque 2,7 millions de Syriens qui sont installés au pays.