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15/04/2016 20:45 EDT | Actualisé 16/04/2017 01:12 EDT

Brésil: cinq dates clés de la procédure de destitution de Dilma Rousseff

Cinq dates clés de la procédure de la destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, du Parti des Travailleurs (PT, gauche), réélue pour quatre ans en 2014.

- 2 décembre 2015 -

Le président de la Chambre des députés, l'ultra-conservateur et évangélique Eduardo Cunha, accepte une demande de destitution lancée par l'opposition de droite contre Mme Rousseff pour maquillage des comptes publics.

M. Cunha incarne l'aile dure du grand parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, qui succèdera à Mme Rousseff si elle est destituée.

Ennemi juré de la présidente, M. Cunha est lui-même inculpé de corruption et blanchiment d'argent dans le cadre du scandale Petrobras.

Il a mené tambour battant la procédure de destitution, tout en usant d'artifices pour paralyser les travaux de la Commission d'éthique de la chambre basse sur la cassation de son propre mandat.

- 11 avril -

Une commission spéciale de 65 députés approuve par 38 voix contre 27 un rapport recommandant aux députés de voter en faveur de l'ouverture d'un procès en destitution de la présidente devant le Sénat, qui aurait le dernier mot.

Dilma Rousseff conteste depuis le début avoir commis un quelconque "crime de responsabilité", alléguant que tous ses prédécesseurs ont eu recours aux tours de passe-passe budgétaires qui lui sont reprochés sans être inquiétés. Elle dénonce une tentative de "coup d'État" institutionnel ourdi par une opposition qui n'a pas accepté sa défaite électorale en 2014.

- 14 avril -

Dilma Rousseff demande au Tribunal suprême fédéral (STF) d'annuler la procédure. Son défenseur, l'avocat général du gouvernement José Eduardo Cardozo, dénonce un procès "kafkaïen" qui viole "les principes du droit à un procès équitable et à une pleine défense".

Les magistrat de la plus haute juridiction du pays rejettent ce recours à une large majorité dans la soirée. Ils estiment que les arguments de la défense de Mme Rousseff n'ont pas à être examinés à ce stade préliminaire mais qu'ils devront l'être devant le Sénat, en cas d'ouverture formelle d'un procès de la présidente.

- 15 avril -

Les députés brésiliens réunis en assemblée plénière entament trois jours de débats intenses sur le bien-fondé de la destitution de Dilma Rousseff.

Ces débats houleux ouvrent l'un des chapitres les plus dramatiques de l'histoire de la jeune démocratie brésilienne, ébranlée simultanément par un séisme politique majeur, un gigantesque scandale de corruption et la pire récession économique depuis des décennies.

- 17 avril -

Vote crucial à la Chambre basse. L'opposition devra rallier les deux tiers des votes (342 sur 513) pour que la destitution de la présidente soit soumise à l'approbation du Sénat.

Dans le cas contraire, la procédure serait automatiquement enterrée et Mme Rousseff sauverait son mandat, à défaut de pouvoir compter sur une majorité stable pour gouverner.

En cas de vote défavorable des députés, la situation deviendrait extrêmement critique pour Mme Rousseff qui a promis de "lutter jusqu'à la dernière minute".

Il suffirait en effet, courant mai, d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour prononcer sa mise en accusation.

Elle serait ensuite écartée du pouvoir pendant un délai maximum de 180 jours dans l'attente d'un jugement final.

Le vice-président Michel Temer assumerait alors provisoirement ses fonctions et aurait toute latitude pour former un gouvernement de transition

bur/cdo/pal/mba