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15/04/2016 20:45 EDT | Actualisé 16/04/2017 01:12 EDT

A Venise, un "effet d'entraînement" pour l'art contemporain (Palais Grassi)

L'art contemporain bénéficie à Venise (nord-est de l'Italie) d'un "effet d'entraînement" qui attire fondations et touristes, affirme le directeur du Palais Grassi, Martin Bethenod, dressant le bilan de 10 ans de présence de la collection Pinault dans la Cité des Doges.

Question: Qu'est-ce qui a conduit le milliardaire français François Pinault à s'installer à Venise?

Réponse: "Un des éléments qui ont motivé François Pinault pour installer sa collection permanente en 2006 au Palais Grassi, restaurer la Punta della Dogana en 2009 et ouvrir le Teatrino du Palais Grassi pour des évènements culturels en 2013, est lié au fait que Venise était depuis toujours une ville pour les artistes, aimée des artistes, où ils viennent travailler, à l'époque classique comme au XXe siècle.

Avec la Biennale, depuis une vingtaine d'années, elle se transforme périodiquement en plateforme de rendez-vous et de visibilité de l'art contemporain.

Nous faisons des expositions collectives dédiées à la présentation des oeuvres de la collection et, depuis 2012, des projets monographiques dédiés à un artiste. On n'a pas encore montré la moitié de la collection!

D'autres promoteurs de l'art contemporain, après Pinault, ont décidé d'installer leurs activités à Venise: la Fondation Prada, avant d'ouvrir à Milan (nord de l'Italie), a investi en 2013 dans un palais sur le Grand Canal, la Fondation russe Victoria installe un palais sur les Zattere. Il y a un effet d'entraînement: Guggenheim dans les années 1950-1960, Fiat dans les années 1980... Aujourd'hui, Venise est l'une des villes les plus actives pour les ouvertures sur l'art contemporain".

Q: Qu'est-ce qui différencie Venise d'une autre ville d'art comme Rome, notamment pour les touristes?

R: "L'art contemporain est devenu un des éléments d'activité fort du tourisme à Venise, même si beaucoup viennent aussi pour le pont des Soupirs. Parmi les musées vénitiens, quels lieux attirent le plus de visiteurs? C'est la Biennale, c'est Guggenheim, c'est nous! Beaucoup plus que les musées d'art ancien, les galeries, l'Académie.

L'offre d'art contemporain est beaucoup plus importante qu'à Rome. Cela s'explique par le fait que les acteurs y sont plus diversifiés et plus internationaux: à Venise, l'art contemporain ne dépend pas d'abord des pouvoirs publics mais d'acteurs publics et privés, italiens et internationaux, Français, Russes, etc.

Q: Comment êtes-vous présents en France?

R: "En France, nous avons une politique de participation à des expositions en prêtant des oeuvres. Les murs de la collection, ce sont aussi ceux du musée du Quai Branly (à Paris), du Centre Pompidou (Paris également), de la Biennale de Lyon (sud-est de la France). Et puis, François Pinault a ouvert une résidence d'artistes à Lens (nord de la France) en décembre 2015. Un artiste y réside tous les six mois.

Depuis l'ouverture du Palazzo Grassi, François Pinault a été très régulièrement sollicité en France, en Europe et dans le monde. A chaque fois qu'on lui fait des propositions, il les étudie avec beaucoup d'intérêt.

On organise aussi en France des expositions temporaires, la dernière étant à la Conciergerie (à Paris). L'idée étant qu'une collection d'art contemporain, ce n'est pas seulement rassembler les oeuvres mais développer une bonne vie culturelle, construire dans la durée des relations avec les artistes. Elles peuvent se matérialiser dans des soutiens à des projets, à des résidences. Un projet d'art contemporain se construit en passant par les artistes, il se construit essentiellement pour eux".

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