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13/04/2016 01:37 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Volkswagen: "réduction substantielle" des bonus des dirigeants (actionnaire)

Les bonus des dirigeants de Volkswagen subiront "une réduction substantielle", a indiqué mercredi un membre influent du conseil de surveillance du constructeur au coeur du "dieselgate", au moment où le débat sur ces rémunérations variables a enflammé l'Allemagne.

"Le conseil de surveillance et le directoire (de Volkswagen) sont d'accord sur le fait qu'au vu de la situation actuelle de la société, un signal doit être envoyé sur la question de la rémunération des dirigeants", et "plusieurs modèles sont actuellement en discussions" qui auront pour conséquence "une réduction substantielle de la rémunération variable", a déclaré mercredi devant le Parlement de Basse-Saxe le chef du gouvernement de cet Etat régional, Stephan Weil.

La Basse-Saxe est l'un des plus gros actionnaires de Volkswagen et M. Weil un membre influent de son conseil de surveillance. Comme d'autres au sein de l'organe de contrôle, il plaidait pour "un signal fort", à savoir que les membres du directoire se soumettent à la même cure d'austérité que les autres employés et les actionnaires, qui paient les pots cassés du scandale des moteurs truqués.

Selon la presse, la Basse-Saxe voulait que les bonus - qui ont atteint entre 4 et 7 millions d'euros par membre du directoire au titre de l'année 2014, et même près de 14 millions pour le patron de l'époque Martin Winterkorn - soient supprimés pour l'année 2015.

Les intéressés se sont rebiffés, s'attirant des commentaires peu amènes dans la presse et la sphère politique, et dégradant encore un peu plus l'image de Volkswagen.

Manifestement, les neuf membres du directoire et le conseil de surveillance ont finalement trouvé un terrain d'entente sur le principe, même si "les arbitrages individuels font encore l'objet d'un examen intensif au sein des instances concernées", a dit M. Weil.

Selon lui, qui se réfère à une communication que lui a faite Volkswagen mardi soir, la réduction du bonus "vaut aussi a posteriori pour le président du conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch". Passé en octobre dernier de directeur financier à contrôleur en chef, M. Pötsch aurait selon la presse négocié à cette occasion une prime de 10 millions d'euros. Une bien mauvaise manière de "se serrer la ceinture", la ligne définie par le patron de Volkswagen Matthias Müller à l'automne.

Volkswagen a truqué le moteur diesel de 11 millions de voitures dans le monde, pour les faire paraître moins polluantes qu'elles ne sont en réalité, et se débat avec les conséquences de cette affaire. Le groupe devrait publier à la fin du mois une gigantesque perte nette pour l'exercice 2015 et pourrait priver ses actionnaires de dividende, pour la première fois depuis le début des années 80.

Volkswagen, qui réalise plus de 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et emploie pas loin de 600.000 personnes, avait pour habitude de gratifier ses salariés allemands de juteuses primes - 5.900 euros par personne au titre de l'année 2014 par exemple. Il a promis qu'il y aurait aussi un bonus pour 2015, mais son montant n'est pas encore connu.

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