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13/04/2016 10:18 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Ventoso, blessé à Paris-Roubaix, met en garde contre les freins à disque

L'Espagnol Francesco Ventoso, blessé dimanche dans Paris-Roubaix, a mis en garde contre le danger que présentent les freins à disque, désormais autorisés dans le peloton professionnel mais susceptibles de se transformer en "couteaux géants".

Dans une lettre ouverte publiée mercredi par son équipe Movistar, le coureur espagnol confirme que sa blessure, une plaie profonde au tibia gauche ayant entraîné une hospitalisation à Valenciennes, a été provoquée par un frein à disque, une nouveauté dont l'expérimentation en course a été permise par l'Union cycliste internationale (UCI).

"Dans Paris-Roubaix, deux équipes seulement les ont utilisés (soit 32 freins à disque au total)", note Ventoso en révélant que le Belge Nikolas Maes (Etixx), monté après lui dans la même ambulance, a lui aussi été blessé par un autre disque.

"Une question vient inévitablement à l'esprit: que se passera-t-il lorsque 396 disques seront dans un peloton de 198 coureurs se battant férocement pour être en bonne position ?", interroge l'Espagnol.

- 'Des couteaux géants, des machettes' -

"Les freins à disque n'auraient jamais dû arriver dans le peloton, du moins pas comme nous les connaissons actuellement, estime-t-il. Je n'ai rencontré aucun coureur qui dise ne pas déraper quand il freine avec le maximum de puissance, que ce soit avec des freins à disque ou traditionnels. Alors, pourquoi les utiliser ?"

"A l'inverse, souligne-t-il, il y a beaucoup de problèmes pour changer les roues après crevaison et une difficulté supplémentaire pour le service de dépannage neutre qui doit avoir trois ou quatre systèmes de roues différents".

"Le plus inquiétant, c'est que les freins à disque, par leur conception, sont des couteaux géants, des machettes, quand on bute sur eux à une certaine vitesse. Et, dans certains cas, nous allons à 80, 90, 100 km/h", proteste le coureur espagnol.

"J'ai eu de la chance: je n'ai pas eu ma jambe coupée, j'ai perdu seulement un peu de muscle et de peau. Mais si le disque coupe une artère jugulaire ou fémorale ? Je préfère ne pas imaginer", alerte Ventoso qui regrette en conclusion la passivité des coureurs sur le sujet: "On attend toujours que des choses horribles se produisent avant de prendre des mesures."

jm/jcp