DIVERTISSEMENT
13/04/2016 04:54 EDT | Actualisé 13/04/2016 04:59 EDT

Vent de renouveau au «Bye Bye» (ENTREVUE)

Andréanne Gauthier

Un vent de changement souffle sur le Bye Bye. Deux nouveaux maîtres d’œuvre, Guillaume Lespérance et Simon-Olivier Fecteau, seront en charge de la revue de fin d’année 2016 de Radio-Canada.

Même s’ils passent leur temps à se taquiner sur les réseaux sociaux, les deux complices sont quasi inséparables et ont déjà collaboré sur quelques grands crus comiques, dont Ces gars-là et En audition avec Simon.

«Je ne l’aurais pas fait sans Simon-Olivier, a d’ailleurs indiqué Guillaume Lespérance, en entrevue avec le Huffington Post Québec. De prendre les commandes du Bye Bye avec lui, c’est parfait. On est une équipe sur ce projet. On va vraiment prendre en charge le Bye Bye, le contenu et la direction.»

Cette nomination ne signifie toutefois pas l’exclusion de Louis Morissette et KOTV du gros navire que constitue le Bye Bye. Car KOTV, qui orchestre l’émission humoristique du 31 décembre depuis 2010, en restera le coproducteur, avec A Média, la boîte de Lespérance, et Radio-Canada Télé.

«C’est une idée commune de Louis Morissette et moi, a expliqué Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio-Canada, jointe en début d’après-midi, mercredi. Quand on s’est rencontrés pour faire le post mortem du Bye Bye, Louis était plus ou moins sûr qu’il avait envie de continuer. Alors, on a discuté, et on s’est dit que ça serait peut-être une bonne idée de faire une co-production avec quelqu’un d’autre. Ensemble, on a pensé à Guillaume Lespérance et A Média.»

«Comme producteur, à 38 ans, d’embarquer dans cette aventure, c’est exceptionnel, s’emballe de son côté Guillaume Lespérance. C’est un super mandat, hyper stimulant, qui vient avec de grandes responsabilités. C’est un énorme défi, mais c’est très, très excitant à faire.»

Simon-Olivier multitâches

Aux dires de Guillaume Lespérance, Simon-Olivier Fecteau portera «plusieurs chapeaux» sur le Bye Bye 2016, dont celui de réalisateur. L’ex-Chick’n Swell avait d’ailleurs réalisé les Bye Bye de Rock et Belles Oreilles, en 2006 et 2007.

Les deux créateurs n’ont pas encore commencé à cogiter sur le fond et la forme de leur Bye Bye. Il est encore trop tôt pour parler de l’équipe d’auteurs et de comédiens. Ajoutera-t-on des numéros de variétés entre les sketchs? L’humour du Bye Bye sera-t-il plus absurde, plus corrosif? Misera-t-on beaucoup sur les effets spéciaux, qui sont un peu devenus la signature des Bye Bye de KOTV? Lespérance et Fecteau s’assoiront bientôt pour matérialiser leurs fantasmes artistiques.

«On s’est dit qu’on faisait l’annonce, et qu’ensuite, on commençait à travailler, a exposé Guillaume Lespérance. À partir du moment où Simon et moi on aura des réunions, on va se mettre sur le téléphone et on va appeler des gens. On va travailler sur la vision, la direction à donner au Bye Bye. Il va y avoir des changements, parce qu’on met un nouvelle équipe en place, mais il faut reconnaître le travail extraordinaire qui a été fait dans les dernières années par KOTV, qui a fait un projet super populaire et rassembleur.»

Le fait de pouvoir compter sur de nouveaux joueurs contribuera-t-il à faciliter l’écriture des gags du Bye Bye, en ce sens qu’il est de plus en plus ardu, à l’heure où tout un chacun peut commenter ce qui lui plait sur les réseaux sociaux, de faire l’unanimité et de ne pas causer de petites tempêtes dans un verre d’eau ou de grandes controverses?

«J’ai une relation de longue date avec Radio-Canada, a assuré Guillaume Lespérance. Les communications sont constamment ouvertes. Il y a beaucoup de confiance et de respect de part et d’autre. L’équipe en place, en ce moment, Dominique Chaloult, Francine Allaire (directrice des émissions culture et variétés) et Lynn Phaneuf (chef de contenu des émissions culture et variétés), ce sont des gens à qui je parle presque quotidiennement. Je sais qu’ils vont nous donner la glace pour qu’on puisse faire notre spectacle. Et il y a une grosse expérience autour de la table. Je ne suis pas inquiet».

«Ça fait 13 ans que je travaille avec Guillaume, on a parti Tout le monde en parle ensemble, a noté Dominique Chaloult, autrefois en charge du secteur des variétés à la société d’État. Au niveau du contenu, on va vraiment faire affaire avec Guillaume et Simon-Olivier ; il n’y aura pas 12 personnes autour de la table. Ça ne sera ni plus, ni moins compliqué que d’habitude. Il faudra examiner les contenus et s’assurer qu’il n’y a pas matière à scandale, avec les outils qu’on a. Il n’y aura pas de différences avec les autres années.»

«Le Bye Bye, c’est un projet qui t’est prêté, a rappelé Guillaume Lespérance. Ça n’appartient à personne car, le Bye Bye, ça appartient au public. Comme producteurs, comme créateurs, ça nous est prêté. C’est à nous d’être à la hauteur de la confiance qu’on nous accorde. Je vois ça comme une chance, un grand honneur.»

TA3

Guillaume Lespérance se souviendra certainement longtemps de son année 2016, qui pourrait difficilement aller plus rondement sur le plan professionnel : en plus de porter à bout de bras le Bye Bye, le jeune producteur donnera en septembre et octobre prochains les tours de manivelle à son tout premier film, TA3.

Cette première incursion au grand écran s’effectuera, pour lui, en partenariat avec André Dupuy, de la maison de production Amalga, d’après un scénario de Benoît Pelletier et une réalisation de Nicolas Monette (Aurélie Laflamme – Les pieds sur terre). On suppose que l’œuvre prendra l’affiche quelque part en 2017.

Dans TA3 (qui réfère à l’expression Trip à trois), Martin Matte et Mélissa Désormeaux-Poulin personnifieront un couple désireux de pimenter un brin sa vie sexuelle.

«Ce sera complètement grand public, a insisté Guillaume Lespérance. Mais on va quand même donner un peu de piquant. Ça se veut un film rassembleur, avec une twist plus piquante, par moments.»

Lespérance s’enorgueillit d’avoir réuni un alignement-étoile pour donner corps à son long-métrage.

«Martin Matte, c’est ma première expérience professionnelle avec lui. Je retrouve ma magnifique Mélissa (Désormeaux-Poulin), avec qui j’ai passé les trois derniers étés, sur Ces gars-là. Nicolas Monette, tous les prix qui se gagnent en publicité, c’est lui ; je l’ai connu à l’époque de Trois fois rien, où lui réalisait, et où j’étais directeur de production, puis producteur délégué, la dernière année. C’est aussi là que j’avais connu Louis Morissette.»

«Je suis très, très content. C’est mon premier film, ça fait longtemps que je travaille, et d’avoir la confiance de Téléfilm Canada et de la SODEC, c’est un honneur. Je me suis battu, comme pour tous mes projets, pendant longtemps, et maintenant, on est rendus à l’étape de le faire.»

Guillaume Lespérance est par ailleurs à la tête des émissions Tout le monde en parle, Un souper presque parfait, Qui êtes-vous et Deuxième chance, une série documentaire qu’animeront Marina Orsini et Patrick Lagacé à Radio-Canada, probablement dans la prochaine année.

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