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13/04/2016 10:08 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Un ancien golden boy des années 80 en Espagne retourne en prison

Mario Conde, un symbole de la réussite de l'Espagne des années 1980 qui a purgé 15 ans de prison pour la faillite frauduleuse de sa banque, a été une nouvelle fois incarcéré mercredi pour avoir tenté de rapatrier des fonds qui seraient issus de cette fraude.

Mario Conde, ex-golden boy aujourd'hui âgé de 67 ans, issu d'une famille de classe moyenne et dont l'ascension sociale n'a pris que quelques années, a été écroué mercredi, de même que son avocat, a-t-on appris de source judiciaire.

Il est mis en examen pour fraude fiscale et blanchiment. Sa fille Alexandra a quant à elle été placée en détention domiciliaire.

Mario Conde avait été définitivement condamné en 2002 à 20 années d'emprisonnement pour des détournements de fonds dans le cadre de la faillite frauduleuse de Banesto en 1993.

De telles affaires avaient contribué à miner la confiance des Espagnols dans les partis traditionnels et favorisé l'apparition du mouvement opposé à l'austérité Podemos et de Ciudadanos, constitué par des libéraux.

Depuis 1994, entre détention provisoire et condamnations, Mari Conde avait passé près de 15 années en prison, lui qui assurait avoir été victime d'une cabale politique jusqu'à sa libération conditionnelle en 2010.

Silhouette élégante et cheveux toujours soigneusement gominés, Mario Conde avait présidé la banque Banesto de 1987 à 1993 jusqu'à sa mise sous tutelle en décembre 1993 par la Banque d'Espagne, après la découverte d'un trou de 605 milliards de pesetas (3,64 milliards d'euros), dû en grande partie à des détournements de fonds colossaux.

Selon la justice, Il a aussi, alors qu'il était encore en prison, organisé le rapatriement discret des fonds issus de sa fraude, dissimulés dans pas moins de huit pays, dont la Suisse et les Pays-Bas. Les premiers envois, dès 1999, n'ayant pas dépassé 3.000 euros, ils n'avaient pas attiré l'attention.

Mais en 2014, un transfert de 600.000 euros avait alerté l'organisme de lutte contre le blanchiment en Espagne, qui avait ensuite fait part de ses soupçons au parquet, déclenchant l'enquête qui lui aura été fatale.

Selon une source judiciaire, sa fille, arrêtée comme lui lundi, a joué un rôle important dans ce système de rapatriement.

Les fonds auraient été ramenés en Espagne par le biais d'un montage de sociétés aux noms de tiers et ce rapatriement aurait été maquillé en prêts et investissements.

M. Conde a nié tout blanchiment ou fraude fiscale, assurant que l'argent provenait d'un héritage laissé par la famille de sa défunte première épouse.

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