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13/04/2016 08:04 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Uber légalisé à Ottawa

Le conseil municipal vient d'adopter la réforme de l'industrie du taxi à Ottawa et la réglementation qui permettra aux chauffeurs d'Uber d'opérer en toute légalité, dans quelques mois.

Sept propositions d'amendements ont été présentées au conseil et ont engendré des débats et des votes déchirants, qui ont duré plus de deux heures. Les nouveaux règlements entreront en vigueur le 30 septembre.

Deux motions suggéraient l'installation de caméras à l'intérieur des véhicules des compagnies privées de transport comme Uber. Ces caméras sont obligatoires dans les voitures de taxi depuis des années.

La motion du conseiller Riley Brockington qui demandait que la question de l'installation des caméras soit revue dans un an a été adoptée à 20 voix contre trois. Celle du conseiller Eli El Chantiry qui voulait l'implantation de caméras dès maintenant a été rejetée à 15 voix contre neuf.

L'imposition de la taxe de vente harmonisée (TVH) dans les voitures d'Uber a reçu l'appui d'une majorité de conseillers.

Le conseil a également décidé que le montant d'assurance responsabilité demandé aux chauffeurs d'Uber sera réduit de 5 à 2 millions de dollars, par rapport à ce que proposait le rapport de la Ville.

Le conseiller Tim Tierney a aussi proposé de réduire l'âge maximal des véhicules à 8 ans au lieu de 10 ans. Ceci a cependant été rejeté, en raison de l'égalité du vote.

Par ailleurs, le conseil a décidé que les plaques de taxi ne seront pas transférables, ce qui veut dire que quiconque voudra s'en procurer une ne pourra en posséder d'autres. Certains chauffeurs en possèdent plusieurs dizaines, selon la Ville.

Un changement nécessaire?

De nombreux conseillers municipaux soutiennent qu'il faut du changement dans l'industrie du taxi à Ottawa, parce que les citoyens veulent un meilleur choix en matière de transport.

« Tout ça fait suite à plus de 6000 commentaires qu'on a reçus du public de la région d'Ottawa qui nous a dit : on doit s'assurer que l'industrie soit plus abordable et on doit améliorer le service à la clientèle », explique le conseiller municipal du district d'Ottawa-Vanier, Mathieu Fleury.

Il affirme être favorable à l'idée de moderniser l'industrie du taxi. « Évidemment, je réalise l'impact sur le système existant. Mais je crois que les deux modèles peuvent fonctionner en parallèle », ajoute-t-il. « Ça va forcer des changements dans l'industrie du taxi. On recherche un meilleur service à la clientèle et des tarifs plus abordables. »

De son côté, le conseiller Tobi Nussbaum ajoute qu'il est important d'établir des règlements pour toutes les compagnies qui souhaitent travailler dans l'industrie du taxi et pas seulement pour Uber.

Des chauffeurs en colère

Les chauffeurs et propriétaires des compagnies de taxi quant à eux ne sont pas d'accord avec plusieurs des nouvelles règles, qui légalisent les services privés.

« L'industrie du taxi n'existera plus à Ottawa, si le rapport est accepté comme tel », affirme le président du syndicat Unifor Local 1688, Amrik Singh.

L'industrie du taxi voudrait notamment que les voitures d'Uber soient munies de caméras de sécurité, qui respectent les mêmes normes que les caméras installées dans les taxis traditionnels, et que seuls les policiers aient accès aux images captées.

Les chauffeurs demandent aussi à ce que les vérifications de dossiers des conducteurs, de dossiers criminels et les preuves d'assurances soient publiques et non laissées à la discrétion de l'entreprise elle-même.

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