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13/04/2016 06:23 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Turquie: nouveaux tirs de roquettes depuis la Syrie sur la ville de Kilis

Plusieurs roquettes tirées depuis une zone tenue par le groupe Etat islamique (EI) en Syrie ont frappé mercredi, pour la troisième journée consécutive, la ville turque de Kilis (sud) sans faire de blessés, provoquant de nouvelles représailles d'Ankara.

"Quatre roquettes supplémentaires ont frappé la ville turque frontalière aujourd'hui (mercredi)", a déclaré sous couvert de l'anonymat à l'AFP un responsable turc, précisant que cette salve n'avait fait aucune victime.

Conformément à ses règles d'engagement, l'artillerie turque a riposté en ouvrant le feu mercredi sur des positions de l'EI, a indiqué le Premier ministre Ahmet Davutoglu.

"Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour assurer la défense de notre pays et la paix de notre peuple", a-t-il déclaré lors d'un discours à Ankara, promettant de faire payer "le prix fort" aux auteurs de ces "agressions".

Depuis le début de l'année, Kilis a été la cible de plusieurs tirs de roquettes partis, selon le gouvernement islamo-conservateur turc, de zones de la Syrie tenues par le groupe Etat islamique (EI) et qui ont tué plusieurs civils.

Mardi, une de ces salves a tué deux personnes et en a blessé six autres.

Signe de la gravité de la situation, le ministre de la Défense Ismet Yilmaz, le chef d'état-major des armées, le général Hulusi Akar, et le tout-puissant patron des services de renseignement, Hakan Fidan, se sont rendus mercredi à Kilis.

"S'ils s'en prennent à la Turquie, ils (les auteurs des tirs) subiront bien pire", a promis M. Yilmaz devant la presse à l'issue de sa tournée.

Des centaines d'habitants de la ville, qui compte 100.000 personnes dont plus d'une moitié de Syriens qui ont fui la guerre, ont manifesté mardi pour plus de sécurité.

Longtemps accusée de complaisance pour les groupes rebelles syriens les plus radicaux, la Turquie a rejoint l'été dernier la coalition antijihadiste dirigée par Washington et multiplié les arrestations dans les milieux jihadistes, après une série d'attentats-suicides attribués à des cellules proches de l'EI sur son sol.

Dans la nuit de mardi à mercredi, l'armée turque a ouvert le feu sur un groupe de quatre personnes qui tentaient de franchir la frontière depuis la ville syrienne de Jarablus, tenue par l'EI, tuant un homme, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Les trois autres suspects, des femmes soupçonnées d'appartenir à l'EI, ont été placées en détention.

fo-pa/rap