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13/04/2016 03:40 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Syrie: reprise des pourparlers de paix, élections législatives organisées par le régime

Les négociations de paix sur la Syrie reprennent mercredi en fin d'après-midi à Genève, au moment ou sur le terrain le régime organise des élections législatives dans les régions qu'il contrôle, sur fond de violations de la trêve.

Ce nouveau round de pourparlers intersyriens, qui devrait durer une dizaine de jours, débutera à 17h30 (15h30 GMT) par une rencontre entre l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, et une délégation du Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux groupes d'opposants au régime de Damas.

La délégation du gouvernement syrien n'arrivera elle que jeudi ou vendredi à Genève, en raison du scrutin organisé en Syrie.

Un premier round de négociations intersyriennes, qui s'est tenu du 14 au 23 mars au Palais des Nations de Genève, siège de l'ONU, n'a pas permis d'avancée majeure.

"La prochaine phase des pourparlers de Genève (est) cruciale", car "elle se concentrera sur la transition politique, la gouvernance et les principes constitutionnels", a averti lundi à Damas M. De Mistura.

Le fossé reste toutefois énorme entre régime et opposition sur la question de la transition politique. Le HCN exige la création d'un organe exécutif doté de tous les pouvoirs mais sans la présence du président syrien Bachar al-Assad. Le régime se dit prêt à discuter d'un gouvernement élargi à des membres de l'opposition, mais a averti que le sort du président Assad était une "ligne rouge".

Pour Moscou, qui soutient politiquement et militairement le régime de Damas, les discussions doivent se concentrer sur la rédaction d'une nouvelle Constitution.

"Il est clair que le résultat du processus politique doit être une nouvelle Constitution sur laquelle se fonderont des élections anticipées", a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse mercredi avec son homologue argentine Susana Malcorra.

- Elections législatives contestées -

Sur le terrain, le régime de Bachar al-Assad organisait mercredi des élections législatives dans les zones qu'il contrôle. Ce deuxième scrutin depuis le début de la guerre en 2011, est dénoncé comme "illégitime" par l'opposition et par les pays occidentaux.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (04H00 GMT) et le resteront pendant 12 heures, sauf si la commission électorale décide "en raison de l'affluence" de prolonger l'ouverture.

Ce scrutin "montre à quel point (ce régime) est coupé de la réalité", a commenté à Genève un porte-parole du gouvernement britannique. "Seulement quand un organe de transition aura été mis en place et que les combats auront cessé, sera-t-il possible d'organiser des élections libres et équitables", a-t-il dit.

La feuille de route fixée par la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU prévoit une période de 18 mois au terme desquels des élections présidentielle et législatives devront être organisées. Un gouvernement de transition et une nouvelle Constitution doivent d'abord être mis en place dans les six premiers mois, dont le compte à rebours a commencé officiellement le 14 mars.

De son côté, le chef de la diplomatie russe a déclaré que ces élections "visent à ne pas laisser vide la sphère" du pouvoir syrien. "C'est ainsi que nous les percevons", a dit M. Lavrov.

- Menaces sur la trêve -

Au plan militaire, la trêve en Syrie, en vigueur depuis le 27 février, semble de plus en plus fragile, le régime, les jihadistes du groupe Etat Islamique (EI) et du Front Al-Nosra (proche d'Al Qaïda) et les rebelles se préparant pour une bataille décisive dans la province septentrionale d'Alep.

M. de Mistura a fait part mardi au Conseil de sécurité de son inquiétude devant l'escalade des combats en Syrie.

Province morcelée entre régime, rebelles, jihadistes et Kurdes, "Alep détient la clé de la paix ou de la guerre en Syrie", a déclaré à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Comme le groupe ultraradical EI, le Front Al-Nosra est exclu de l'accord de cessation des hostilités. Mais il combat aux côtés de groupes rebelles qui eux sont concernés par la trêve.

Les quartiers rebelles d'Alep ont été bombardés par les avions du régime lundi, alors que le nombre de raids de l'armée de l'air syrienne avait nettement diminué depuis la trêve. Aucune frappe n'a eu lieu mardi.

A Washington, le porte-parole du département d'Etat Mark Toner a exprimé la "préoccupation" des Etats-Unis.

L'Iran, principal allié régional du régime syrien, a également dénoncé des violations du cessez-le-feu à l'occasion d'une visite mardi de M. de Mistura.

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