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12/04/2016 23:06 EDT | Actualisé 13/04/2017 01:12 EDT

Pékin dit détenir des Taïwanais soupçonnés d'escroquerie, renvoyés par le Kenya en Chine

La Chine détient un groupe de Taïwanais accusés d'escroquerie, a annoncé un officiel chinois, alors que Taipei accuse Pékin d'avoir "enlevé" ses ressortissants au Kenya pour les expulser vers le régime continental.

Taipei avait accusé cette semaine Pékin d'avoir "illégalement" exercé des pressions sur Nairobi afin d'obtenir l'expulsion vers la Chine continentale de huit citoyens taïwanais, pourtant mis hors de cause par la justice kényane dans une affaire de cyber-escroquerie.

Un total de 37 autres Taïwanais seraient également sous le coup d'une mesure similaire, selon les autorités de l'île.

Le directeur du Bureau chinois des Affaires taïwanaises, Zhang Zhijun, a informé Taipei qu'"un groupe de résidents taïwanais suspectés d'avoir réalisé des fraudes par voie électronique sont détenus par notre agence de sécurité publique", a annoncé mardi soir l'agence Chine nouvelle.

"Les Taïwanais suspectés de fraude auraient créé une base à l'étranger afin d'escroquer à une fréquence croissante des personnes" de Chine continentale, a déclaré M. Zhang, selon l'article, également publié sur le site internet du Bureau.

"Ces criminels doivent être traduits en justice", a indiqué Zhang Zhijun.

Ni le nombre ni l'identité des personnes détenues n'a été précisé, et aucune mention spécifique n'a été faite du Kenya ou d'une quelconque expulsion.

Pékin considère Taïwan comme une province de Chine, à récupérer par la force si nécessaire, même si le territoire insulaire vit sa propre destinée depuis 1949 et la fin de la guerre civile chinoise, à l'issue de laquelle les nationalistes du Kuomintang (KMT), vaincus, s'étaient réfugiés sur l'île.

Les relations entre la Chine continentale et Taipei ont souvent été tendues, mais les liens politiques et commerciaux se sont raffermis depuis une décennie sous l'impulsion du KMT.

Les présidents chinois Xi Jinping et taïwanais Ma Ying-jeou se sont rencontrés en novembre lors d'un sommet historique, le premier entre les deux camps depuis 1949.

Cependant, la victoire écrasante en janvier à l'élection présidentielle taïwanaise de Tsai Ing-wen, candidate d'un parti pro-indépendance, pourrait amener Pékin à adopter une position plus ferme.

Taipei a déclaré mercredi avoir engagé des poursuites au Kenya contre plusieurs hauts dirigeants, accusés d'avoir ignoré la décision de justice innocentant certains suspects.

Des hauts responsables taïwanais espèrent également se rendre en Chine continentale d'ici deux ou trois jours afin de discuter de l'affaire, a déclaré Andrew Hsia, chef du Conseil taïwanais des affaires continentales.

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