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13/04/2016 09:09 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Manifestation en Arménie contre les ventes d'armes de la Russie à l'Azerbaïdjan

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi à Erevan, la capitale de l'Arménie, pour protester contre les ventes d'armes de la Russie à l'Azerbaïdjan, après que de récents affrontements ont fait au moins 110 morts au Nagorny-Karabakh, région que se disputent Arméniens et Azerbaïdjanais.

La Russie est une alliée fidèle de l'Arménie, où elle possède deux bases militaires, mais entretient également de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan et est le principal fournisseur d'armes de ces deux pays du Caucase.

Les participants à cette manifestation, dont certains portaient des pancartes sur lesquelles était écrit "L'occupant russe hors d'Arménie" ou "Nous n'avons pas besoin d'un allié comme ça", ont scandé des slogans antirusses avant de se regrouper devant l'ambassade de Russie, sur laquelle ils ont jeté des oeufs et des pièces de monnaie.

"Je suis venue ici pour dire aux Russes qu'ils tuent nos enfants ! Pourquoi avons-nous de tels alliés ?", a déclaré à l'AFP Hranouch Serobian, 56 ans, qui tenait une pancarte avec des photos de soldats et de civils morts dans les combats au Nagorny-Karabakh.

"On nous dit que c'est du business (...) Mais peut-être qu'on s'est trompé d'allié", a pour sa part affirmé Vahe Azatrian, un étudiant de 23 ans.

Samedi, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a assuré que la Russie continuerait à vendre des armes à l'Azerbaïdjan.

"Si la Russie abandonne ce rôle, nous comprenons parfaitement que cette place ne restera pas vacante. Ils (les Azerbaïdjanais) achèteront des armes à d'autres pays, cela pourrait détruire l'équilibre actuel", a-t-il déclaré dans un entretien avec la chaîne de télévision Rossia 1.

Au moins 110 personnes, civils et militaires des deux camps, ont été tuées dans les affrontements au Nagorny-Karabakh, début avril. Il s'agit des pires violences depuis le cessez-le-feu conclu en 1994, après une guerre ayant fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement des Azerbaïdjanais.

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