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13/04/2016 12:17 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Les bulletins de fin de saison du Canadien

BILLET - Avant de plonger dans la ferveur des séries éliminatoires, voici notre traditionnel bulletin de fin de saison du Canadien. 

Un texte de Martin Leclerc

Carey Price : Qu'y a-t-il à ajouter? Son absence a causé tellement de difficulté au Canadien qu'elle a solidifié davantage son statut de joueur le plus utile à son équipe dans la LNH.

On entend parfois que la carrière d'un joueur est aussi fragile qu'un simple ligament. Mais que le sort d'une équipe tout entière repose sur un ligament collatéral interne? C'est sans doute du jamais vu.

Mike Condon : Un jeune homme courageux qui a été plongé dans une situation totalement injuste pour lui, compte tenu de son expérience limitée dans les rangs professionnels.

Condon (moyenne d'efficacité de ,903) n'a connu que 24 départs de qualité sur un total de 51 (47,1 %), ce qui le place nettement sous la moyenne de la LNH (53 %).

La question à 1000 $ : sera-t-il de retour la saison prochaine?

Ce serait certes cruel de s'en départir après avoir autant investi dans son développement. Mais si Price se blessait de nouveau et que le CH ratait une autre qualification en séries, voilà le genre de situation qui serait susceptible de coûter le poste de Marc Bergevin. Un DG ne doit jamais commettre la même erreur deux fois.

Max Pacioretty : Il s'est comporté très dignement au cours de cette saison difficile. Quand la chute aux enfers a débuté en décembre, Pacioretty s'est en quelque sorte retrouvé seul pour garder le fort. Les autres membres du groupe de leaders? Carey Price et Brendan Gallagher étaient blessés. P.K. Subban est parti sur un trip égocentrique, Andrei Markov avait des problèmes personnels et jouait le pire hockey de sa carrière. Tomas Plekanec était introuvable.

Bien des gens ont ri quand le capitaine a dit s'être ennuyé du leadership de vétérans aguerris comme Manny Malhotra. Mais Pacioretty a été mal soutenu et il a absorbé énormément de pression. Cette expérience le fera grandir. Toutefois, Marc Bergevin doit mieux l'entourer.

Dans la dernière portion du calendrier, le capitaine a mis sa production personnelle de côté et a clairement déployé beaucoup d'efforts pour encadrer et guider Alex Galchenyuk (notamment en ce qui a trait aux responsabilités défensives) à titre de premier centre. À la fin de la saison, la chimie entre les deux était nettement meilleure et Galchenyuk semblait plus disposé à s'impliquer profondément en zone défensive.

Pacioretty est un tireur. Même si les deux centres qu'il a côtoyés durant la majeure partie de la saison ont connu de sérieuses difficultés, il a bouclé le calendrier avec 30 buts. Bref, il a bien peu à se reprocher.

Alex Galchenyuk : Son manque de maturité à l'extérieur de la patinoire est décevant compte tenu de ses quatre années d'ancienneté dans la LNH. C'est un facteur qui a sans doute pesé dans la balance quand est venu le temps d'évaluer les responsabilités que les dirigeants de l'équipe étaient disposés à lui confier sur la patinoire.

Par la force des choses, Galchenyuk a fini par se retrouver dans la chaise de premier centre alors qu'il avait commencé à produire à un rythme d'enfer dans un rôle d'ailier. Au départ, Michel Therrien l'a protégé en le tenant loin des mises au jeu en zone défensive et son niveau de responsabilité (à titre de premier centre) s'est graduellement élargi.

Il a atteint le plateau des 30 buts pour la première fois de sa carrière et il semble acquis qu'il entreprendra la prochaine saison en pivotant le premier trio de la formation.

Galchenyuk est encore jeune et la constance demeure un point à améliorer. Onze de ses 30 buts ont été inscrits en deux semaines et il a connu trois léthargies de neuf matchs et plus au cours du calendrier. Il sera intéressant de voir s'il sera capable de rehausser son niveau de constance en étant utilisé davantage en étant confronté aux meilleurs trios adverses tous les soirs.

Tomas Plekanec : Déception, désintéressement, éclipse, et même... faillite. La saison que vient de connaître Plekanec peut-être affublée de plusieurs qualificatifs peu flatteurs.

Après avoir connu des séries décevantes en 2015 (encore une fois), Plekanec a été récompensé par une prolongation de contrat de deux ans (12 millions) qui prendra fin en juin 2018. Et il a enchaîné avec la pire saison de sa carrière.

Plekanec, qui fait partie du noyau de leaders de l'équipe, a inscrit un seul but entre le 11 novembre et le 16 janvier alors que l'équipe s'effondrait. Et à un certain moment durant la période des fêtes, il a passé plus de cinq rencontres sans même obtenir une chance de marquer. Du jamais vu.

Il a bouclé le calendrier avec 14 buts, dont 3 ont été inscrits dans un filet désert. On parle ici du premier centre de l'équipe et d'un joueur qui a été le quatrième plus utilisé en supériorité numérique.

Plekanec aura 34 ans la saison prochaine. Cette équipe ne remportera jamais quoi que ce soit tant qu'il occupera un poste névralgique au sein de la formation. Marc Bergevin parviendra-t-il à s'en départir?

Brendan Gallagher : Ses 29 matchs d'absence sur le flanc droit, une position où le CH est nettement à découvert, ont fait extrêmement mal. Quand Gallagher n'est pas là, le CH n'a plus le même mordant ni la même combativité, et la production du meilleur buteur de la formation, Max Pacioretty (maintenant ex aequo avec Galchenyuk), chute de moitié.

Gallagher a inscrit 19 buts, 5 de plus que Tomas Plekanec, malgré le fait qu'il ait disputé 29 matchs de moins que ce dernier. Sa production de buts est en hausse constante depuis son arrivée dans la LNH et il aurait aussi flirté avec le plateau des 30 buts s'il n'avait pas été blessé.

La saison prochaine, le CH aura donc une chance réaliste d'aligner 3 marqueurs de 30 buts pour la première fois depuis la conquête de la coupe en 1993.

Cette éventualité, notamment, fait dire à plusieurs joueurs du CH que le redressement pourrait être assez drastique la saison prochaine et que malgré les résultats décevants de 2015-2016, cette équipe reste promise à un bel avenir.

P.K. Subban : Le défenseur vedette gère mal son statut de plus haut salarié de la formation. Ses entraîneurs et ses coéquipiers s'attendent à ce qu'il mette entièrement son immense talent au service de la collectivité, mais il dévie constamment de la trajectoire de l'équipe.

En janvier, sa façon de jouer est devenue embarrassante pour un joueur de son rang. Mauvaises pénalités, indiscipline, risques inutiles, revirements coûteux... tout cela alors que l'équipe luttait désespérément pour sa survie. On se rappellera particulièrement une gênante séquence de deux matchs en deux soirs face aux Blue Jackets de Columbus.

Quand Max Pacioretty a tenté de la rappeler à l'ordre, Subban a rabroué son capitaine. Cela n'a guère aidé sa cause. L'autocongratulation de ses statistiques personnelles et de son talent non plus.

Quand Michel Therrien a finalement décidé de critiquer publiquement Subban le 17 février après un revirement coûteux face à l'Avalanche du Colorado, le vase débordait depuis plusieurs semaines. Peu de gens l'ont noté, mais le défenseur étoile a retrouvé le droit chemin par la suite.

Subban passera-t-il un jour à l'autre niveau ou restera-t-il centré sur lui-même? L'entrée en vigueur de sa clause de non-échange lui donnera encore plus de pouvoir. Accentuera-t-elle ses mauvais plis?

Tout serait tellement plus facile si Marc Bergevin et Geoff Molson connaissaient les réponses à ces questions.

Andrei Markov : À compter de la mi-décembre et jusqu'à la fin de janvier, Markov a disputé le pire hockey de sa carrière. Au point où de nombreux observateurs se sont demandé si le doyen du Canadien n'était pas arrivé au bout du rouleau.

Or, le défenseur russe vivait des chambardements importants dans sa vie personnelle et il a fini par retrouver sa touche et sa constance.

Malgré ses 37 ans, le bonhomme a amassé 44 points. Il fut l'un des grands architectes de l'éclosion de Galchenyuk, qu'il alimentait constamment de savantes passes transversales.

Therrien et Bergevin auraient sans doute souhaité que Nathan Beaulieu soit capable de s'imposer davantage pour être en mesure de réduire la charge de travail du vétéran.

Markov a définitivement sa place avec cette équipe, avec un bon dosage.

Jeff Petry : Sa présence laissait présager une grande constance à la ligne bleue ainsi qu'une place quasi assurée pour le CH parmi les trois ou quatre meilleures défenses de la LNH.

Une hernie sportive et une blessure au haut du corps l'ont mis hors de combat pour près de la moitié du calendrier. Il se reprendra la saison prochaine.

Alexei Emelin : Quand un arrière strictement défensif joue au sein de la troisième paire et qu'il touche 3,9 millions par saison, ce n'est jamais bon signe dans un contexte de plafond salarial.

Emelin a connu une saison correcte, mais il y a certainement un astérisque à côté de son nom sur le tableau de Marc Bergevin. Il pourrait s'avérer une acquisition valable pour une équipe jeune, à petit budget, qui a besoin de stabiliser sa défense et qui est obligée de dépenser pour atteindre le plancher salarial.

Un arrière moins coûteux comme Mark Barberio pourrait ajouter une touche offensive supplémentaire au CH tandis que Greg Pateryn fournit le même genre de robustesse.

Tom Gilbert : Un vétéran fiable qui a rendu de fiers services. Son contrat venait à échéance et il aurait été échangé à la date limite des échanges n'eût été une blessure qui a mis fin à sa saison. Respect.

Espérons que son analyse de fin de saison, soulignant le manque de maturité du leadership de l'équipe, a été entendue par la direction.

Mark Barberio : Une commotion cérébrale l'a empêché de compléter le calendrier, mais le défenseur québécois a tout de même constitué l'une des belles surprises de cette difficile saison.

Barberio fait bien circuler la rondelle et n'hésite pas à appuyer l'attaque. Ce sont des qualités qu'on voit plus rarement au sein d'une troisième paire. Il serait étonnant qu'il n'entreprenne pas la saison avec le grand club en octobre prochain.

Greg Pateryn : Il y a trois ans, qui aurait prédit que Pateryn allait connaître une plus longue association que Jarred Tinordi avec le Canadien?

Pateryn a appris à la dure cette année. Le 9 janvier, une erreur de jugement élémentaire a coûté une douloureuse défaite face aux Penguins de Pittsburgh et il s'est retrouvé dans les gradins pendant un mois.

Il est toutefois revenu avec aplomb et a terminé la saison sur une note positive. Il aura 26 ans la saison prochaine. Le temps est venu de lui faire une place régulière au sein de la troisième paire, d'autant plus que son salaire (800 000 $) procure de la flexibilité à Marc Bergevin.

Brian Flynn : Un joueur de quatrième trio qui manie extraordinairement la rondelle à l'occasion. Flynn est un joueur de profondeur polyvalent qui ne fait pas mal à l'équipe, mais qui est interchangeable.

Daniel Carr : Dès son arrivée avec l'équipe durant la période des fêtes, Carr a commencé à se poster près du filet, au grand plaisir de Michel Therrien. Il a finalement inscrit 6 buts et 3 passes en 23 matchs.

Patineur décent, Carr possède un bon instinct et de bonnes mains. Il sait quand se faufiler dans l'enclave pour pouvoir enfiler l'aiguille. Le compliment ultime est venu de Therrien, qui a tracé un parallèle entre sa façon de jouer et celle de Gallagher.

Avec d'autres jeunes comme Byron, Andrighetto et Danault, Carr pourrait permettre au CH de créer davantage de compétition au sein de l'alignement et de miser sur une plus grande profondeur à l'attaque la saison prochaine.

David Desharnais : De son propre aveu, Desharnais a connu une saison difficile. Mais il reste un centre créatif doté d'une exceptionnelle vision du jeu.

En début de saison, il se plaisait dans un rôle de troisième centre, ce qui lui permettait de profiter de pairages plus favorables. Il a inscrit 15 points (6-9) dans le premier quart de la saison avant que la sauce se gâte. Une blessure lui a aussi fait rater 17 rencontres.

À 3,5 millions par saison (il reste une seule saison à écouler à son contrat), plusieurs estiment que le CH devrait s'en départir. Mais si on lui confiait le troisième poste de centre en compagnie de jeunes (et petits salariés) comme Phillip Danault et Sven Andrighetto, Desharnais pourrait s'avérer un excellent mentor, et le CH pourrait se retrouver avec une troisième unité plutôt douée offensivement et capable de fournir 40 ou 45 buts.

Lars Eller : Charmant garçon dont les habiletés offensives sont limitées. Eller possède un bon gabarit, mais n'affectionne pas le jeu physique ou la robustesse.

Deux jeunes, Nathan Beaulieu et Michael McCarron, ont jeté les gants pour venir à sa défense cette saison. Mais quand Beaulieu a été projeté tête première contre un poteau face à Nashville en février, sous les yeux d'Eller, ce dernier est simplement allé discuter avec celui qui venait de blesser son coéquipier pour un mois.

À sa décharge, Eller figurait parmi ceux qui s'arrachaient le coeur soir après soir quand le bateau s'est mis à couler en décembre et en janvier.

À 3,5 millions par saison, il est devenu une pièce de casse-tête dont Marc Bergevin devrait se départir. D'autant plus qu'un changement d'air lui ferait probablement du bien.

Nathan Beaulieu : On s'attendait à davantage de sa part cette saison. Dans sa planification, la direction s'attendait certainement à pouvoir confier plus de responsabilités à Beaulieu, et même à le voir gruger du temps de glace à Markov à l'occasion. Mais quand l'expérience a été tentée, l'arrière de 23 ans n'était pas prêt à relever le défi.

Sa maturité à l'extérieur de la patinoire soulève toujours des questions. Mais on ne gagne pas seulement avec des enfants de chœur. Et malgré son jeune âgé, Beaulieu est l'un des rares qui répondent présents pour défendre ses coéquipiers.

Pour le bien du CH, et parce que le contrat de Markov arrivera à échéance au terme de la prochaine saison, Beaulieu devra passer à l'étape suivante.

Torrey Mitchell : Un bon soldat, fier de porter l'uniforme du CH, qui a bien fait son travail de soutien tout au long de la saison.

Mitchell a inscrit 11 buts - seulement 3 de moins que Tomas Plekanec - alors qu'il jouait au sein d'un quatrième trio et qu'il ne jouait jamais en avantage numérique. Plekanec a passé 600 minutes de plus que lui sur la patinoire.

En fait, les trois buts qui séparent Plekanec de Mitchell ont été inscrits dans un filet désert. En plus, Mitchell revendique trois buts gagnants, contre un seul pour Plekanec.

Si tout le monde avait fait son travail comme Mitchell, le CH aurait participé aux séries. Il était mon choix pour le trophée Jacques-Beauchamp.

Paul Byron : Réclamé au ballottage en octobre, il a fini le calendrier avec un contrat de trois ans en poche. Grosse récompense.

La vitesse de Byron est déconcertante pour les défenses adverses, mais il ne fait que 1,73 m (5 pi 8 po) et 72 kg (158 lbs). Contrairement à plusieurs de ses coéquipiers, il n'hésite toutefois pas à jeter les gants pour se faire respecter.

Même dans un rôle de soutien, il peut probablement fournir une quinzaine de buts au cours d'une saison complète. Si Byron est capable de livrer cela tout en étant utilisé en désavantage numérique, son contrat de trois ans fera passer Marc Bergevin pour un visionnaire.

Sven Andrighetto : Il a inscrit quatre buts à ses neuf premiers matchs après son rappel en novembre. Andrighetto a par la suite traversé des léthargies de 12 et 16 rencontres.

Il a toutefois raté plusieurs occasions d'améliorer sa fiche dans la dernière ligne droite du calendrier alors qu'il était incapable de convertir les occasions de marquer que David Desharnais créait pour lui.

On peut lui prédire une quinzaine de filets au sein d'une troisième unité.

Phillip Danault : Il n'a récolté que 5 points (3-2) en 21 matchs chez le Canadien, mais le meilleur est à venir dans son cas.

Travailleur et polyvalent, Danault possède un excellent sens du hockey et une bonne vision du jeu. Il comprend parfaitement les responsabilités qui incombent à un centre et il s'est fort bien adapté au rôle d'ailier quand Michel Therrien l'a muté à cette position.

Il a rapidement établi une chimie avec un fabricant de jeux comme David Desharnais parce que sa compréhension du jeu est excellente. Il fera partie de la formation l'an prochain, probablement au sein du troisième trio, et il pourrait marquer une quinzaine de buts.

Joel Hanley : Il a fait une excellente première impression et s'est positionné pour figurer parmi les premiers défenseurs rappelés la saison prochaine. Peut-être même pour camper un rôle de septième arrière.

Mike Brown : En 14 matchs, il a rappelé à tout le monde à quel point la formation du CH manquait d'abrasif.

Michael McCarron : Jamais un joueur n'a raté sa carrière pour être resté dans les mineures un peu plus longtemps. Mais nombreux sont ceux qui ont échoué parce qu'ils étaient montés trop vite.

McCarron campera un rôle intéressant avec le CH éventuellement. Des responsabilités importantes dans la Ligue américaine et un peu plus de maturité physique (explosivité) le rendront meilleur. Il a produit de beaux flashs, mais il doit encore faire ses classes.

Lucas Lessio : Excellent patineur et bon gabarit. Il provoque des choses sur la patinoire. Intéressante première impression dans son cas.