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13/04/2016 12:32 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Les autorités de la péninsule de Crimée interdisent l'assemblée des Tatars

Les autorités de la péninsule de Crimée annexée en mars 2014 par la Russie ont interdit mercredi l'assemblée des Tatars de Crimée, une communauté musulmane autochtone qui s'oppose au pouvoir de Moscou.

Cette assemblée, le Medjlis, se réunissait jusqu'à présent sous la pression, et plusieurs de ses membres, dont le leader historique des Tatars de Crimée Moustafa Djemilev, ont été bannis de la péninsule.

Mercredi, la procureure de la Crimée Natalia Poklonskaïa a annoncé qu'elle avait décidé de "stopper les activités du Medjlis" qui selon elle visaient à mener des "activités extrémistes" et à la "déstabilisation".

Le Medjlis est "banni de tous les médias d'Etat et municipaux, il lui est interdit d'organiser des rassemblements, de faire usage de comptes bancaires et de mener toute activité", a précisé la procureure sur sa page Facebook.

Le Medjlis a représenté la communauté des Tatars de Crimée -- entre 12 et 15% de la population de la péninsule -- depuis 1991, l'année de la chute du régime soviétique et de l'indépendance de l'Ukraine, à laquelle appartenait la Crimée.

Amnesty international a dénoncé dans un communiqué une décision visant à "étouffer toute dissidence" et à "supprimer l'un des derniers droits d'une minorité que la Russie devrait protéger plutôt que persécuter".

L'ONG a ajouté que les Tatars avaient "payé le prix du coup de force de la Russie dans la région", avec au moins six de ses membres disparus et un retrouvé mort en 2014.

La chaîne de télévision tatare ATR a été fermée l'an dernier.

Les Tatars de Crimée, communauté musulmane et turcophone que Staline accusait de collaborer avec l'Allemagne nazie, avaient été déportés en Asie centrale à la fin de la seconde guerre mondiale. Près de la moitié de ses membres étaient morts de faim et de maladies.

Ils ont commencé à revenir en Crimée sous Mikhaïl Gorbatchev et sont devenus citoyens ukrainiens après l'indépendance de l'Ukraine en 1991.

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