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13/04/2016 06:33 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Le recul des libéraux sur l'immigration salué par l'opposition

Les partis d'opposition à Québec saluent le recul du gouvernement de Philippe Couillard sur le scénario d'une hausse du nombre d'immigrants accueillis par année à 60 000. Ils estiment que les libéraux ont erré en songeant à augmenter davantage leur nombre, alors que Québec peine à les franciser et à les intégrer au marché de l'emploi

Dans une entrevue publiée mercredi dans le quotidien Le Soleil, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a plaidé pour « une stabilité relative » du nombre d'immigrants admis, qui est actuellement de 50 000.

« Je suis content de voir que M. Couillard s'est dessoufflé ce matin », a ironisé le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui avait été accusé le mois dernier par le premier ministre  de « souffler sur les braises de l'intolérance ».

 M. Couillard avait eu cette réplique après que M. Legault eut émis des craintes sur la capacité du Québec à les franciser et à les intégrer au marché du travail.

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a lui-même évoqué ce matin l'enjeu de l'intégration des nouveaux arrivants au marché de l'emploi. M. Péladeau précise que le taux de chômage des nouveaux arrivants oscille entre 18 et 22 % au Québec et qu'il grimpe à 27 % dans la métropole. Il estime qu'une hausse du seuil aurait pu nuire à l'intégration des immigrants au marché du travail.

Alors que le gouvernement soutient que le Québec manque de main-d'œuvre, M. Legault souligne que le taux de chômage avoisine les 8 % dans la province et qu'il atteint 11 % dans la métropole. Le chef de la CAQ blâme le gouvernement Couillard pour la faible création d'emplois qui ne permet pas aux nouveaux arrivants de trouver du travail

« Le problème vient du fait que 30 % des immigrants sont choisis par Ottawa sans aucun critère d'employabilité », a déclaré M. Legault en conférence de presse à Québec.

M. Legault déplore qu'Ottawa accueille, au nom de la réunification familiale, de nombreux immigrants sans aucun critère d'employabilité, sans aucun critère de connaissance du français ».

Le mois dernier, Mme Weil avait démenti tout intérêt électoral des libéraux à hausser le seuil d'immigration, après des accusations en ce sens de la CAQ.

En mars, dans une politique sur l'immigration, le gouvernement a constaté que l'accueil de 60 000 immigrants par année permettrait d'éviter au Québec « un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011 et cette population augmenterait à nouveau et de manière plus marquée à long terme ».

Jusqu'ici, Mme Weil s'était limitée à répéter que le gouvernement prendra une décision après des consultations en commission parlementaire sur la révision du seuil d'accueil annuel.

M. Legault estime que le présent seuil de 50 000 migrants par année est suffisant considérant que 41 % d'entre eux ne parlent pas le français. M. Legault précise que 72 % des migrants adultes arrivant au Québec ne suivront jamais de cours de français.

De son côté, M. Péladeau refuse de quantifier le seuil d'immigrants qui serait souhaitable pour le Québec. Il estime que l'important est d'être en mesure de bien les intégrer à la société québécoise. « Il n'y a pas de chiffres, il y a des principes », conclut-il.

M. Legault reproche également au gouvernement son dernier budget qu'il juge insuffisant en Éducation. « Il faut investir en éducation, il faut investir en formation de la main-d'œuvre », a-t-il martelé.

« C'est certain qu'une partie de ces personnes ont besoin de formation, bien qu'on mette l'emphase sur la formation, avance M. Legault. Qu'on investisse en éducation. M. Couillard n'a pas, depuis deux ans, investi en éducation. »

M. Péladeau abonde en ce sens, déplorant les compressions en éducation. « C'est une chose d'avoir de la main-d'œuvre, encore faut-il qu'elle soit formée », explique-t-il.