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13/04/2016 12:25 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Le chef d'état-major serbe déclaré persona non grata au Kosovo

Le Kosovo a annoncé mercredi interdire son territoire au chef d'état major de l'armée serbe, le suspectant d'avoir laissé commettre des crimes durant le conflit au Kosovo de 1998-1999.

Cette décision visant le général Ljubisa Dikovic est fondée sur un rapport d'une organisation des droits de l'homme serbe, selon laquelle le militaire a dirigé "une unité qui fut responsable de crimes de guerres qui ont eu lieu durant le conflit", a affirmé à l'AFP le ministre des Affaires étrangères Petrit Selimi.

Cette ONG, le Centre pour le droit humanitaire (HLC), basée à Belgrade, a déposé plainte en 2012 contre le général Dikovic, qui dirigeait une brigade pendant la guerre au Kosovo, l'accusant de ne pas avoir empêché des exécutions, des sévices et des viols de civils. Une enquête en Serbie sur ces accusations est toujours en cours.

"Pour nous, c'est un rapport crédible qui apporte des preuves sérieuses que le général Dikovic est responsable d'une partie des pires crimes commis au Kosovo", a déclaré M. Selimi.

La décision d'interdiction du territoire du général Dikovic intervient au lendemain de la condamnation à une amende de 550,000 dinars (4,500 euros) d'une militante du HCL, à l'origine du rapport, pour atteinte à l'honneur et à la réputation du militaire, nommé chef d'état-major en décembre 2011.

La guerre au Kosovo, ancienne province serbe, a fait quelque 13.000 morts, pour la plupart des Albanais.

Après le conflit, le Kosovo a été placé sous administration de l'ONU avant de proclamer son indépendance en février 2008, reconnue par plus de 100 pays mais pas par Belgrade.

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