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13/04/2016 11:13 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

La présidente sud-coréenne perd sa majorité absolue au Parlement

Le parti conservateur Saenuri de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a subi une sévère défaite électorale aux législatives mercredi, perdant la majorité absolue qu'il détenait depuis 16 ans à l'Assemblée nationale.

Les élections, avec en arrière-fond les menaces de frappe nucléaire de Pyongyang, se tenaient alors que la Corée du Sud a vu son économie -- la quatrième d'Asie -- s'essouffler et le chômage augmenter.

Selon des projections après dépouillement de 90% des bulletins, le parti Saenuri de Mme Park ne devait obtenir que 124 sièges sur 300 dans l'Assemblée nationale, a indiqué l'agence Yonhap.

Conformément à ce qu'avaient précédemment indiqué des sondages à la sortie des bureaux de vote, cela fait perdre au parti conservateur la majorité absolue dont il disposait dans l'assemblée.

Le Saenuri avait remporté en 2012 une majorité absolue de 152 sièges et espérait cette année une victoire encore plus large.

"Le parti Saenuri reconnaît humblement les résultats des élections et le choix des électeurs", a déclaré aux journalistes un porte-parole du parti, Ahn Hyung-Hwan.

"Nous avons profondément déçu les gens", a-t-il admis.

Le parti social-libéral Minjoo devait de son côté emporter 121 sièges, selon les mêmes projections, et le Parti du peuple 39 sièges.

C'est la première fois en 16 ans que le parti conservateur perd le contrôle du parlement, les trois partis d'opposition devant selon les projections totaliser 165 sièges.

La participation a été de 58%, soit 3,8 points de plus que lors des législatives de 2012.

Ce résultat est une surprise car les sondages avaient auparavant annoncé que le Saenuri conforterait sa majorité absolue en profitant de la division de la gauche.

Il ne devrait avoir qu'un impact limité sur la conduite des affaires sud-coréennes, dans un pays où l'essentiel du pouvoir est aux mains du chef de l'Etat, mais devrait cependant affaiblir Mme Park pour les deux dernières années de son mandat unique de cinq ans, qui s'achèvera en 2018.

"C'est une sanction des électeurs contre la présidente Park. Beaucoup d'électeurs ont assez de son style autoritaire", a commenté Yang Moo-Jin, de l'Université des études nord-coréennes.

Mme Park est également accusée d'avoir échoué à mettre en oeuvre ses promesses électorales

Les élections à l'Assemblée nationale, unique chambre du Parlement, sont traditionnellement dominées par les sujets de politique intérieure.

La hausse du chômage, la baisse des exportations et l'endettement des ménages ont généré des critiques de la politique de Mme Park et, par extension, de son parti.

Les politologues estimaient par contre que l'aggravation des tensions sur la péninsule coréenne depuis le quatrième essai nucléaire de Pyongyang début janvier profitait politiquement au Saenuri, qui capitalise sur la fermeté de la présidente vis-à-vis de la Corée du Nord.

Au total, 42 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Les 300 sièges de l'Assemblée sont à renouveler: 253 au suffrage direct et les 47 restants à la proportionnelle.

La croissance dans la quatrième économie d'Asie trébuche depuis quelques années, dans le sillage du ralentissement économique mondial et d'une concurrence accrue sur certains marchés clé d'exportation.

Le taux de chômage des moins de 30 ans atteint 12,5% contre une moyenne nationale de 4,9%.

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