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13/04/2016 09:48 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

La présidente croate appelle l'UE à la clarté face à la crise migratoire

La présidente croate a appelé mercredi l'Union européenne à faire preuve de clarté dans sa politique migratoire lors d'une visite à la frontière entre la Macédoine et la Grèce, marquée par de nouveaux tirs de gaz lacrymogènes contre des migrants.

"L'UE doit être claire dans sa politique envers les migrants et tenir compte de ceux qui ont le droit à l'asile, qui sont des réfugiés fuyant la guerre", a déclaré Kolinda Grabar Kitarovic.

"La vague de migrants ne s'arrêtera pas d'elle-même, pas tant que ces messages ne seront pas clairs", a-t-elle insisté à Gevgelija, ville du sud-est de la Macédoine, à la frontière grecque, visitée en compagnie du président macédonien Gjorge Ivanov et de leur homologue slovène Borut Pahor.

Alors que les responsables visitaient le centre de Gevgelija, la police macédonienne a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes contre une centaine de migrants, qui manifestaient le long de la frontière gréco-macédonienne à Idomeni, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après des incidents dimanche, près de 300 migrants avaient dû recevoir des soins. La Grèce et des organisations non gouvernementales avaient critiqué le recours à la violence par les forces macédoniennes.

Ces incidents sont dus à "la grande pression exercée par les migrants afin d'obtenir la réouverture" de la "route des Balkans", a affirmé le président Ivanov. La Macédoine "se doit de respecter la décision de Bruxelles" sur la fermeture de cette route et "de protéger sa frontière", a-t-il plaidé.

Son ministre des Affaires étrangères, Nikola Poposki a mis en garde contre "une répétition avec une toute autre ampleur" des incidents semblables à celui de dimanche.

"C'est pourquoi nous insistons autant sur la coopération des autorités grecques à la frontière", a-t-il dit, insistant sur la nécessité de déplacer les réfugiés du camp d'Idomeni vers des centres d'accueil adaptés, conformément au plan de l'Union européenne.

"J'ai vu beaucoup de photographies et d'images sur les derniers incidents, des centaines, beaucoup prises en territoire grec. Pratiquement aucune ne montre la présence du moindre policier grec sur la ligne protégeant la frontière", avait relevé le ministre dans un entretien à l'AFP mardi.

Plus de 11.000 migrants et réfugiés campent depuis un mois et demi à Idomeni dans des conditions misérables et manifestent quasi quotidiennement pour l'ouverture de la frontière, fermée depuis début mars.

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