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13/04/2016 06:40 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Koweït: la garde nationale contre la grève dans le secteur pétrolier (média)

Le Koweït va déployer la garde nationale pour gérer des installations pétrolières, les employés du secteur ayant décidé de se mettre en grève à partir de dimanche pour raisons salariales, selon un quotidien local.

Ce déploiement devait débuter mercredi sur certains sites de production d'hydrocarbures dans le sud de l'émirat, a expliqué le quotidien indépendant Al-Rai citant des sources anonymes.

Selon ce média, la production de pétrole du Koweït de trois millions de barils par jour pourrait baisser jusqu'à d'un tiers si le syndicat des employés se met effectivement en grève, mais les exportations et la vente sur le marché local ne seraient pas affectées car le pays puisera dans ses stocks.

Pour contrer la baisse drastique des prix du pétrole, qui pèse lourdement sur le budget de ce petit pays du Golfe riche en hydrocarbures, les autorités koweïtiennes ont annoncé ces derniers mois une série de mesures d'austérité.

Parmi elles, la mise en place d'une nouvelle grille de salaires s'appliquant à tous les fonctionnaires du pays, dont les quelque 20.000 employés du secteur pétrolier.

La grève a été décidée lundi lors d'une assemblée générale du syndicat des travailleurs du secteur pétrolier, au lendemain de discussions infructueuses avec le ministre du Pétrole par intérim Anas al-Saleh.

Le syndicat a indiqué que le débrayage concernerait toutes les unités de production et autres installations dans le pays.

Mais M. Saleh a informé le Parlement mercredi que les négociations avec les syndicalistes se poursuivaient.

La compagnie publique Kuwait Petroleum Corp (KPC) a indiqué dans un communiqué mercredi qu'elle avait accepté de négocier avec les travailleurs à la demande du ministère des Affaires sociales et du Travail.

Ces négociations devraient commencer jeudi, selon le ministère, cité par un porte-parole de KPC, cheikh Talal Khaled Al-Sabah, qui a appelé les employés du secteur à ne pas suivre l'appel à la grève.

Un porte-parole des travailleurs a cependant déclaré à l'AFP que le syndicat se réunissait pour examiner la demande du ministère et décider de son éventuelle participation aux négociations proposées.

Un parlementaire indépendant, Mohamed Tana, a défendu les revendications des employés et rejeté toute réduction de leur salaire. "On ne doit pas toucher aux avantages des travailleurs pétroliers", a-t-il affirmé.

"Nous avons affaire à une grève qui peut paralyser le pays et causer d'énormes pertes", a-t-il ajouté au Parlement.

Seon les sources citées par Al-Raï, la production du Koweït baisserait de 0,5 à 1 million de barils par jour (mbj) en cas de grève.

Le chef du syndicat, Saif al-Qahtani, avait indiqué lundi que les travailleurs avaient déjà fait des propositions, rejetées par le ministère, pour surmonter le différend.

Le syndicat contestait aussi des projets de privatisation de certaines activités du secteur pétrolier.

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