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13/04/2016 02:03 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Irak: des députés entament un sit-in contre le blocage politique

Plusieurs dizaines de députés irakiens ont entamé un sit-in au Parlement pour protester contre les tentatives des puissants blocs politiques de maintenir leur contrôle sur les postes clés du gouvernement, ont affirmé des députés mercredi.

Cette fronde survient au lendemain du report d'un vote au Parlement sur une nouvelle liste de gouvernement.

Le Premier ministre Haider al-Abadi souhaite depuis des semaines remplacer le gouvernement actuel, formé de politiciens, par un cabinet composé de technocrates qui seraient plus à mêmes, selon lui, de mettre en oeuvre les réformes anticorruption adoptées en 2015 dans la foulée de grandes manifestations populaires contre l'incurie et clientélisme de la classe politique.

M. Abadi se heurte toutefois à une farouche résistance des partis --y compris du sien-- à adopter des réformes les privant de leurs privilèges.

Le Premier ministre avait présenté le 31 mars au Parlement une liste de 13 candidats qui avait été rejetée. Mais les puissants blocs politiques ont par la suite proposé leurs propres candidats, remplaçant sur une nouvelle liste la plupart des noms suggérés par M. Abadi.

Des députés ont demandé à pouvoir voter sur la liste proposée au départ par le Premier ministre, mais la séance a été ajournée à jeudi par le président du Parlement Salim al-Joubouri sans vote sur aucune des listes.

A la fin de la séance de mardi, des élus ont scandé: "Le peuple veut la chute des quotas", selon des images tournées au Parlement, rappelant les slogans du Printemps arabe réclamant "la chute du régime". Ils ont ensuite entamé leur sit-in.

Ils dénoncent le système de distribution des postes au gouvernement selon les affiliations politiques plutôt que les compétences, un système qui a notamment transformé les ministères en fiefs partisans.

Selon un journaliste de l'AFP, environ 80 député prenaient part au sit-in à l'intérieur du Parlement vers midi mercredi, certains scandant: "Oui oui aux réformes, non aux quotas (politiques)!"

Des matelas sur lesquelles les députés avaient passé la nuit étaient éparpillés à l'entrée de la salle, a-t-il constaté.

Le président du Parlement, soumis à la pression des députés dont plusieurs ont appelé à son départ, a annoncé une séance d'urgence au Parlement pour ce mercredi, selon son cabinet.

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