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13/04/2016 07:45 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Génétique: la Chine veut fixer ses propres règles éthiques

Les scientifiques chinois entendent poursuivre leurs recherches sur la génétique, en dépit des inquiétudes d'ordre éthique qu'elles suscitent, a indiqué mercredi un média d'Etat, après la publication d'une étude chinoise controversée sur des embryons humains aux gènes modifiés.

Des chercheurs de l'Université de médecine de Canton (sud) ont annoncé début avril avoir utilisé une technique d'édition du génome, nommée CRISPR-Cas9, pour introduire une mutation dans des cellules humaines, les rendant ainsi résistantes au VIH, le virus responsable du Sida.

Développé depuis 2012, CRISPR-Cas9 est un outil permettant de corriger l'ADN défectueux, "un peu comme un logiciel de traitement de texte peut permettre d'éditer ou de corriger la typographie d'un document", selon Emmanuelle Charpentier, une des biologistes derrière cette technique.

Mais son utilisation par des équipes chinoises sur des embryons humains, avant même un consensus éthique international sur ce procédé, suscite la controverse.

L'étude chinoise "ne semble pas apporter beaucoup plus que des preuves anecdotiques que (le CRISPR-Cas9) fonctionne pour les embryons humains, ce que nous savions déjà", a déclaré à la revue Nature George Daley, biologiste à l'Hôpital pédiatrique de Boston.

Tetsuya Ishii, spécialiste en bioéthique à l'Université de Hokkaido, au Japon, a qualifié la recherche chinoise de "simple jeu avec des embryons humains", selon la même source.

Mais Han Bin, le directeur du Centre chinois pour la recherche génétique, a estimé que les bénéfices thérapeutiques potentiels de la technique pour lutter contre les maladies liées à l'hérédité, dont le cancer, devaient l'emporter sur les scrupules, selon le journal d'Etat Global Times.

Au lieu de suivre les positions éthiques des autres pays, la Chine devrait élaborer ses propres normes et règlements, a plaidé M. Han.

Le principal auteur de l'article scientifique, Fan Yong, a balayé les critiques dans un communiqué transmis au Global Times.

"Nous devons garder notre cap, obtenir des droits de propriété intellectuelle indépendants et une voix au chapitre" dans le milieu académique international, a-t-il souligné.

La Chine entend consolider sa réputation de pays leader dans la recherche génétique.

Le plus grand site mondial de clonage d'animaux est ainsi en cours de construction à Tianjin (nord) avec pour ambition de fabriquer animaux de compagnie et vaches à viande.

Le directeur-général de Boyalife, le groupe chinois à l'initiative du projet, a assuré à l'AFP posséder la technologie pour dupliquer des humains.

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