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12/04/2016 20:45 EDT | Actualisé 13/04/2017 01:12 EDT

GB/UE: Retour à l'expéditeur pour les tracts pro-UE du gouvernement

En colère contre les tracts pro-UE envoyés à partir de cette semaine par le gouvernement, les Britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l'UE le 23 juin prennent un malin plaisir à les renvoyer au Premier ministre David Cameron.

"Quelles bêtises alarmistes!", "Votez pour partir!", a écrit Kirsty Stubbs sur son tract avant de le renvoyer au 10, Downing Street, la résidence des Premiers ministres britanniques, selon une photo postée sur Facebook.

"Je viens juste de renvoyer le tract de propagande à l'adresse libre réponse (du Parti conservateur) avec une lourde pièce jointe: un morceau de béton", s'est vanté Alex Armstrong, sur Facebook également, espérant ainsi que le parti de David Cameron paye un coûteux affranchissement.

D'autres se targuaient d'avoir utilisé le leur comme papier toilette, sous-verre ou encore litière pour chat.

La campagne "Post It Back" (Renvoyez-le) a mobilisé des centaines de personnes sur les réseaux sociaux, mécontentes de l'usage des fonds publics pour l'impression et l'envoi de ces tracts plaidant pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Coût de l'opération: 9 millions de livres, soit plus de 11 millions d'euros, pour 27 millions de tracts.

"C'est déjà embêtant de recevoir du courrier indésirable ("junk mail") mais là, avoir du courrier de Juncker (le président de la Commission européenne, NDLR) envoyé avec nos propres impôts, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a critiqué Liam Fox, un député conservateur, lors d'un débat au Parlement lundi.

"Si je voyais dans un pays ce genre de filouterie digne du (président du Zimbabwe) Robert Mugabe, je condamnerais la conduite de cette élection comme non équitable", a jugé un autre député conservateur, Nigel Evans, qui réalise des missions d'observation électorale.

Sur le site du Parlement, une pétition contre l'utilisation des fonds publics pour l'envoi de ces tracts "biaisés" a déjà recueilli plus de 210.000 signatures.

- 'Des suppositions mais pas de faits' -

Selon le document, qui se présente comme un dépliant de 16 pages imprimé sur du papier épais et brillant, quitter l'UE créerait "des années d'incertitudes et de potentielles perturbations" tandis que l'adhésion au bloc des 28 "permet de maintenir plus facilement les criminels et les terroristes hors du Royaume-Uni".

"Le gouvernement pense que voter pour rester au sein de l'Union européenne est la meilleure décision pour le Royaume-Uni", peut-on lire sur la dernière page du tract, en guise de conclusion.

L'exécutif a justifié cette campagne par un sondage qui aurait montré que 85% de la population aimerait recevoir d'avantage d'informations de sa part pour l'aider à faire son choix. Et rappelle que les deux principales campagnes, pour et contre le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, recevront jusqu'à 15 millions de livres (18 millions d'euros) chacune pour faire valoir leurs arguments auprès des électeurs.

Mais les pro-Brexit estiment qu'en envoyant ce tract juste avant le début de la campagne officielle, ce vendredi, le gouvernement s'octroie un avantage dans la course.

"C'est de l'argent public qui pourrait être dépensé ailleurs, pour des infirmières, pour les sans-abris, pour les banques alimentaires. Ce pays n'est pas en très bon état", explique à l'AFP Darren Halket, initiateur de la campagne "Post It Back".

"Ce ne sont que des suppositions, je ne vois pas de faits là-dedans", critique-t-il.

Ce chef d'une petite entreprise de développement de sites web à Manchester a reçu le soutien de plusieurs personnalités pro-Brexit, dont le chef du parti europhobe et anti-immigration Nigel Farage. Il espère ainsi que des centaines de milliers de personnes renverront leur tract, inondant Downing Street.

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