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13/04/2016 13:38 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Détentions massives au G20 de Toronto: un officier de la police sera sanctionné

TORONTO — Un haut gradé de la Police de Toronto devrait être congédié pour son mépris des libertés civiles affiché durant les manifestations au sommet du G20, il y a six ans, a-t-on entendu mercredi lors des observations sur la peine.

La fin de semaine du sommet du G20 de Toronto, à la fin juin 2010, avait été marquée par des manifestations qui ont parfois donné lieu à du vandalisme. Environ 1100 personnes, la plupart des manifestants pacifiques ou des passants, ont été arrêtées et détenues. Le surintendant David Fenton, comptant 27 ans de service à la Police de Toronto, a été le seul officier supérieur à faire face à des mesures disciplinaires. Certains policiers ont par ailleurs été accusés au criminel.

M. Fenton a été reconnu coupable l'an dernier, en vertu de la Loi sur les services policiers de l'Ontario, d'abus d'autorité et de conduite répréhensible. Le juge à la retraite John Hamilton a estimé que le témoignage de M. Fenton n'était pas toujours crédible et que l'officier n'avait pas de motifs raisonnables d'ordonner la détention massive de manifestants.

Celui qui a déjà qualifié les manifestants de «terroristes» a présenté ses excuses, par la voix de son avocat, après le verdict de culpabilité. Le tribunal entend depuis mercredi les observations des parties sur la peine à imposer.

L'avocate de nombreux détenus, Adrienne Lei, a plaidé que le surintendant Fenton n'avait exprimé aucuns remords pour avoir appliqué une espèce de «loi martiale» à Toronto, et qu'il avait plutôt tenté de rejeter le blâme sur les autres.

Adrienne Telford, l'avocate d'autres plaignants, qui chantaient «Give Peace a Chance» assis devant un hôtel, a soutenu que M. Fenton était personnellement responsable de la détention illégitime de près de 600 civils, qui ont profondément souffert de son geste.

«Un seul policier a décidé de suspendre la Constitution et de décréter l'État policier au coeur du centre-ville. Il s'agit d'un cas flagrant d'abus de pouvoir», a-t-elle plaidé devant le juge Hamilton.

L'avocat de la poursuite, Brian Gover, a recommandé que M. Fenton soit rétrogradé d'un échelon, pendant un an, ce qui lui ferait perdre entre 10 000 $ et 15 000 $ en salaire. Il a plaidé que dans son témoignage, M. Fenton avait maintenu le bien-fondé de sa décision et affirmé qu'il referait la même chose aujourd'hui. Il ne s'agit donc pas d'une «erreur de jugement momentanée», a soutenu la poursuite.

La défense doit présenter ses observations jeudi. Elle a déjà suggéré qu'elle recommanderait une réprimande.