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13/04/2016 01:40 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Chanson anti-Erdogan: Juncker regrette la réaction de la Turquie

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a regretté mercredi l'attitude des autorités turques dans la polémique qui les oppose à l'Allemagne à la suite de satires se moquant du président Recep Tayyip Erdogan.

"Je ne peux absolument pas comprendre pourquoi un ambassadeur allemand est convoqué à cause d'une chanson certes inadmissible", a critiqué M. Juncker devant les eurodéputés à Strasbourg. "Cela ne nous rapproche pas de la Turquie, mais au contraire nous en éloigne", a-t-il estimé.

L'ambassadeur d'Allemagne en Turquie, Martin Erdmann, avait été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères le 29 mars après la diffusion d'une chanson satirique par la chaîne de TV allemande NDR, jugée offensante à l'égard du dirigeant turc.

Depuis, la polémique sur la liberté d'expression a rebondi, et les relations entre l'Allemagne et la Turquie se sont tendues, à la suite d'une autre satire, plus méchante, à la télévision publique visant le président Erdogan.

Ménageant la chèvre et le chou, M. Juncker, a défendu, dans un débat au Parlement européen sur la politique migratoire, l'accord controversé signé entre la Turquie et l'UE le 18 mars dernier à Bruxelles.

"De toutes solutions que nous avons, la coopération avec la Turquie est la meilleure", a-t-il plaidé.

"Tout simplement d'abord, parce qu'une frontière a toujours deux côtés et qu'il faut mieux la protéger avec l'aide du voisin que contre lui", a argué M. Juncker.

L'Allemand Manfred Weber, président du groupe PPE (droite et centre droit) au parlement européen, a également appelé le gouvernement turc à respecter la liberté d'expression en Europe après l'accord signé sur les migrants.

"Nous attendons d'Erdogan qu'il respecte nos valeurs", a-t-il dit.

Mardi, la chancelière allemande Angela Merkel avait souligné l'importance de la liberté d'expression en Allemagne, alors que son gouvernement doit trancher "dans les prochains jours" sur une demande de poursuites pénales de la Turquie concernant la dernière satire télévisée.

clp/agr/pt