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13/04/2016 12:39 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

« Ce ne sont pas les bonnes personnes qui démissionnent » - Sylvie Fréchette

La démission de Jean-Luc Brassard comme chef de mission du Canada pour les Jeux olympiques de Rio est un indicateur que le Comité olympique canadien (COC) doit se remettre en question, estime l'ancienne nageuse synchronisée Sylvie Fréchette.

Quand le COC a annoncé que Jean-Luc Brassard quittait son poste lundi, la médaillée d'or des Jeux de Barcelone en 1992 a compris « qu'il n'y avait pas grand-chose de réglé » dans la façon dont le COC donne suite à l'affaire Marcel Aubut, son ancien président visé par des allégations de harcèlement.

« Je connais bien Jean-Luc. C'est un homme droit, vrai et authentique, a commenté Sylvie Fréchette, mercredi, en entrevue à ICI RDI. S'il en vient à prendre une décision aussi importante, c'est qu'il doit vraiment être en désaccord avec des choses qui se passent au comité olympique et qu'on ne connaît pas. »

Sylvie Fréchette ne cache pas sa frustration vis-à-vis le COC et estime que les choses n'ont pas vraiment bougé depuis l'automne.

« On ne parle pas de voler une gomme »

Comme Jean-Luc Brassard, Sylvie Fréchette s'explique mal comment des employés du COC qui ont pu être au courant des agissements de Marcel Aubut soient toujours en poste.

« Comment des gens qui pendant cinq ans savaient qu'il se passait quelque chose et qui n'ont pas agi peuvent rester en nous demandant de leur faire confiance et en promettant que ça va changer? », se questionne-t-elle.

Sylvie Fréchette comprend le malaise qui habitait Jean-Luc Brassard. Il n'était pas un employé du COC dans ses fonctions de chef de mission, mais il devait parler au nom de cette organisation, sur laquelle il avait fait pression sur des questions éthiques.

« Si tu as un doute que les gens au nom de qui tu parles n'ont pas la même éthique que toi et ne font pas tout ce qu'ils peuvent pour protéger leurs employés, tu ne peux pas continuer dans un rôle comme ça si tu es un homme comme Jean-Luc Brassard, dit-elle. Je ne comprends pas pourquoi il y a des gens au COC qui ne comprennent pas ça. »

Jean-Luc Brassard a bon espoir que sa démission pousse le COC à répondre à des questions qui restent en suspens dans l'affaire Aubut. Sylvie Fréchette ne partage pas son optimisme. La bonne impression que lui a laissée son entretien avec le directeur sport du COC, Éric Myles, la semaine dernière, s'est dissipée.

« Il a réussi à me rassurer à un certain point en me disant que les choses allaient changer et que le ménage allait être fait, explique-t-elle. Mais c'est seulement une personne et après la démission de Jean-Luc, je remets tout en perspective. »