NOUVELLES
13/04/2016 10:58 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Armes chimiques: Moscou et Pékin veulent étendre la traque à l'Irak et à la Turquie

La Russie et la Chine ont proposé mercredi au Conseil de sécurité une résolution visant à empêcher l'acquisition d'armes chimiques par des groupes extrémistes dans les pays voisins de la Syrie comme l'Irak et la Turquie.

Selon l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, ce texte vise à "combler des lacunes" dans les résolutions déjà adoptées par le Conseil dans ce domaine.

Le Conseil a obligé le gouvernement syrien à détruire son arsenal chimique et créé un mécanisme d'enquête (Joint investigative mechanism, JIM) pour dénoncer les responsables d'attaques chimiques en Syrie.

Or, a affirmé l'ambassadeur, "de nombreuses informations indiquent que des groupes terroristes pourraient construire des armes chimiques et se préparer à les utiliser".

Il a aussi évoqué la menace de jihadistes ayant rejoint le groupe Etat islamique et retournant en Europe avec des composants d'armes chimiques et l'expertise nécessaire pour les assembler.

Le projet de résolution russo-chinoise, cité par M. Tchourkine, "réaffirme que les pays membres, et notamment ceux voisins de la Syrie, doivent immédiatement signaler (au Conseil de sécurité et au JIM) toute activité menée par des acteurs non-étatiques pour mettre au point, acquérir, fabriquer, détenir, transporter, transférer ou utiliser des armes chimiques" et leurs vecteurs.

Le JIM, mis en place conjointement par l'ONU et de l'OIAC (organisation pour l'interdiction des armes chimiques), serait chargé de "surveiller ces activités dans la mesure de ses moyens".

Ce mécanisme d'enquête a commencé son travail en Syrie mais son mandat est limité au territoire syrien.

L'extension de ce mandat est "nécessaire et peut servir de dissuasion", a affirmé M. Tchourkine à la presse.

Les nouvelles mesures prônées par la Russie et la Chine ne visent pas à enfreindre la souveraineté de l'Irak et Moscou espère que Bagdad coopérera, a-t-il ajouté.

Il a rappelé que "des terroristes avaient été arrêtés en Turquie" peu avant une attaque chimique massive contre une banlieue de Damas en août 2013.

"Il pourrait y avoir un lien entre les deux, il est possible que les préparatifs (de cette attaque) aient été menés en territoire turc", a-t-il affirmé.

L'attaque avait été attribuée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad mais la Russie avait dédouané son allié syrien.

Des responsables russes ont à plusieurs reprises accusé la Turquie de laisser passer des fournitures et du carburant destinés aux jihadistes du groupe Etat islamique opérant en Syrie, de l'autre côté de la frontière.

Pour ce qui est du gouvernement syrien, a fait valoir l'ambassadeur russe, il "a détruit tout son arsenal et je n'ai entendu personne l'accuser d'avoir fabriqué de nouvelles armes chimiques".

avz/bdx