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13/04/2016 05:54 EDT | Actualisé 14/04/2017 01:12 EDT

Argentine: Kirchner face à la justice, ses partisans en masse dans la rue

L'ex-présidente argentine Cristina Kirchner s'est présentée mercredi face à la justice qui l'avait convoquée dans le cadre d'une enquête sur une opération controversée de la banque centrale durant son mandat, pendant que ses partisans étaient mobilisés en masse.

Malgré une pluie battante, des milliers de manifestants venus lui apporter leur soutien étaient postés devant le tribunal de Comodoro Py, dans le centre de Buenos Aires, parfois depuis la veille. "Cristina, si tu vas en prison, j'irai en prison avec toi", disait une pancarte tenue par une partisane.

Cristina Kirchner, 63 ans, est convoquée dans le cadre du dossier des "dollars futurs", une opération de vente spéculative de devises menée par la Banque centrale dans les derniers mois de son mandat.

"Nous la soutenons pour que le président (Mauricio Macri) se souvienne qu'il a gagné il y a quatre mois avec seulement 51% des voix, promettant une révolution dans la joie et de réduire la pauvreté. Et quatre mois plus tard, la pauvreté a augmenté", témoigne Adriana Gonzalez, une enseignante de 56 ans, venue avec son mari.

Samantha Arellano, étudiante en psychologie de 26 ans, dénonce "une croisade politique". "Nous sommes sûrs qu'ils ne pourront rien prouver", dit-elle, abritée sous son parapluie.

Le gouvernement soutient qu'il n'y a pas d'ingérence du pouvoir dans la justice, et que les magistrats sont indépendants.

Dans cette affaire l'ancien ministre de l'Economie de 2013 à 2015, Axel Kicillof, et l'ancien président de la Banque centrale, Alejandro Vanoli, ont déjà été entendus par le juge Claudio Bonadio, un anti-Kirchner revendiqué. Durant sa présidence, Mme Kirchner l'a publiquement critiqué et a cherché à le destituer.

M. Kicillof a jugé "absurde" l'accusation du juge et assure que la Banque centrale a agi légalement, dans le cadre de sa mission de régulation.

D'après le gouvernement actuel, qui était dans l'opposition à l'époque, l'opération a fait perdre des centaines de millions de dollars à la 3e économie d'Amérique latine.

- Deuxième mise en cause -

"Cristina déclare pour la première fois devant un juge comme suspecte", titrait mercredi matin le quotidien Clarin.

Outre la convocation de mercredi, une affaire explosive de détournements de fonds vers la Suisse en passant par des paradis fiscaux frappe des piliers du système Kirchner.

Samedi, l'ex-présidente a vu la justice s'intéresser à son rôle dans une affaire de corruption. Un procureur a demandé l'ouverture d'une enquête contre elle pour blanchiment d'argent.

Mme Kirchner, comme son mari Nestor et leur ex-ministre de la Planification Julio De Vido, a été mise en cause par un prévenu, le comptable Leonardo Farina, dans un dossier dont le premier détenu de poids est l'homme d'affaires Lazaro Baez, qui s'est considérablement enrichi pendant les années Kirchner.

Mme Kirchner ne bénéficie d'aucune immunité depuis qu'elle a quitté le pouvoir en décembre, après deux mandats consécutifs.

De son côté, Mauricio Macri, le président de centre-droit qui a succédé en décembre à Mme Kirchner a demandé que la mobilisation de mercredi "se déroule comme il se doit".

Alors que cette mobilisation agace chez ses fidèles, il ne voit pas d'inconvénient à ce que des partisans "la soutiennent dans cette étape de sa vie politique".

"L'impunité, c'est terminé. Nous sommes tous égaux devant la loi", a martelé mercredi le nouveau président.

La députée de centre-gauche Margarita Stolbizer estime qu'il existe "de nombreux éléments pour la mettre en examen (...) dans plusieurs affaires"."Toutes ces affaires désignent tantôt l'ancienne cheffe de l'Etat, tantôt Baez", selon elle.

Bien qu'étant un opposant de Mme Kirchner, le député du Front rénovateur (centre-droit) Felipe Sola a critiqué pour sa part "la judiciarisation des questions politiques".

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