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11/04/2016 08:37 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Turquie: l'auteur du meurtre d'une étudiante qui a choqué le pays tué dans sa prison

L'auteur du viol et du meurtre brutal d'une étudiante qui avait défrayé la chronique l'an dernier en Turquie a été tué par balle lundi en prison, où il purgeait une peine de réclusion à perpétuité avec ses deux complices, a rapporté le gouvernement.

Dans des circonstances encore mystérieuses, Ahmet Suphi Altindöken, 26 ans, a été abattu d'un coup de feu dans le pénitencier de haute sécurité d'Adana (sud).

Visé par la même attaque, son père et complice, Necmettin Altindöken, 51 ans, a lui été sérieusement blessé.

"Nous avons été informés que cette personne (le meurtrier) avait été sérieusement touchée puis qu'elle était décédée. Et nous avons aussi été informés que son père avait également été blessé mais que ses jours n'étaient pas en danger", a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement, Numan Kurtulmus.

Le parquet d'Adana a ouvert une enquête pour éclairer les circonstances des faits, a précisé l'agence de presse Dogan.

"Tuer une personne en prison, quelle qu'elle soit, est totalement inacceptable", a commenté le vice-Premier ministre Kurtulmus, "tout serait fait pour mettre au jour la moindre négligence".

"Je ne sais pas ce qui s'est passé. Rien ne me ramènera ma fille", a pour sa part déclaré la mère de l'étudiante tuée, Songül Aslan, citée par la presse turque.

Les Altindöken père et fils ont été condamnés en décembre dernier par une cour criminelle de Mersin (sud) à une peine de prison à vie aggravée, au terme de six mois d'un procès qui a tenu le pays en haleine.

La justice a établi que le fils, un chauffeur de bus, avait violé puis tué le 13 février 2015 Özgecan Aslan, une étudiante qu'il ramenait dans son bus de l'université à son domicile de Tarsus, une petite ville du sud du pays.

Avec son père et un troisième complice, le chauffeur a ensuite coupé les mains de sa victime et mis le feu à son corps pour faire disparaître toute trace.

Ce meurtre avait provoqué une vague d'indignation et de nombreuses manifestations dans tout le pays et pris une dimension politique.

L'opposition et les mouvements féministes avaient mis en cause la responsabilité du président Recep Tayyip Erdogan et de son gouvernement islamo-conservateur, accusés d'entretenir les violences contre les femmes par leurs préjugés religieux.

Ces dernières années, M. Erdogan a défrayé la chronique pour des propos jugés sexistes, déclarant notamment l'égalité homme-femme "contre la nature humaine". Après le meurtre de l'étudiante, il avait promis "la peine la plus sévère" à ses auteurs.

BA-pa/rap